Hérodote (v. 490 – v. 425 av. J.-C.) et Sappho de Lesbos chez saphisme.com  

 
Né à Halicarnasse d’une famille aisée, son oncle est le poète épique Panyassis, grand voyageur (Samos, Egypte, Babylone, Scytie, Bosphore…), co-fondateur de la cité de Thourios dont il devient citoyen, Hérodote conte en place publique ses histoires et gagne un prix d’éloquence à Athènes. La tradition alexandrine semble-t-il, découpe en neuf livres ses histoires écrites en dialecte dorien et les nomment comme les neuf Muses. Dans le livre II, 134 dénommé Euteurpe, Hérodote nous transmet un témoignage sur Rhodopsis esclave affranchie par le frère de Sappho, Charaxos. Ce passage est référencé sous testimonia 9 et fragment 202 dans l’édition Loeb de David A Campbell. Ci-dessous la traduction de Ph-E. Legrand publiée aux éditions Les Belles Lettres.

II-129 Après lui (le roi égyptien Chéphren), au dire des prêtres, régna sur l’Egypte Mykérinos, fils de Chéops. Désapprouvant les actes paternels, il rouvrit les sanctuaires et laissa la population, épuisée et réduite à l’extrême misère, libre de vaquer à ses travaux et d’offrir des sacrifices ; de tous les rois, il rendait au peuple les plus justes sentences. (…)
II-134 Lui aussi laissa une pyramide, beaucoup moins grande que celle de son père ; il s’en faut de vingt pieds que chacune des faces ait trois pléthres ; elle est carrée, de pierre d’Ethiopie jusqu’à mi-hauteur. Certains grecs prétendent qu’elle est due à Rhodopsis, une courtisane ; ils ne disent pas vrai. . Et ces gens m’ont tout l’air de parler sans même savoir quelle sorte de femme fut Rhodopsis ; - s’ils l’avaient su, ils ne lui auraient pas attribué la construction d’une pareille pyramide, pour laquelle ont été dépensés, peut-on dire, d’innombrables milliers de talents ; - sans savoir non plus que Rhodopsis florissait au temps du roi Amasis, et non de Mykérinos. C’est beaucoup et beaucoup d’années après les rois qui ont laissé les pyramides en question, que vivait Rhodopsis, laquelle était originaire de Thrace et fut esclave de Samien Iadmon, fils d’Héphaistopolis, compagne d’esclave d’Esope l’auteur des fables. Car celui-ci appartint à Iadmon, et voici qui n’en a pas été le moindre témoignage : lorsque, conformément à un avis divin, les Delphiens demandèrent à mainte reprise, par la voix de hérauts, qui voulait lever le prix du sang pour le meurtre d’Esope, personne ne se présenta qu’un fils du fils d’Iadmon, un autre Iadmon, qui accepta. Ainsi, Esope fut esclave d’Iadmon. Rhodopsis arrriva en Egypte amenée par Xanthès de Samos ; arrivée là pour faire métier de son corps, elle fut affranchie moyennant une grosse somme par un homme de Mytilène, Charaxos, fils de Scamandronymos et frère de Sappho la poétesse. Rhodopsis devint libre de la sorte ; elle resta en Egypte ; et comme elle était charmante, elle gagna beaucoup d’argent, assez pour satisfaire une Rhodopsis, mais pas assez pour subvenir aux frais d’une aussi grande pyramide. Alors qu’il est loisible à qui le veut, et jusque de nos jours, de contempler la dîme de ses richesses, on ne doit point lui attribuer une <trop> grande fortune. Rhodopsis en effet désira laisser d’elle en Grèce un monument, en faisant faire quelque chose que personne d’autre n’eût imaginé ni consacré dans un sanctuaire, et de dédier cette offrande à Delphes pour conserver son souvenir. De la dîme de ses biens, elle fit fabriquer beaucoup de broches en fer capables de transpercer un bœuf , autant que lui permettait l’importance de cette dîme, et les expédia à Delphes ; elles sont encore aujourd’hui entassés derrière l’autel consacré par les gens de Chios, en face du temple même.
C’est une sorte de tradition qu’à Naucratis les courtisanes soient pleines de charmes. Celle dont nous parlons ici fut si illustre que tous les Grecs apprirent le nom de Rhodopsis ; plus tard, une autre nommée Archidiké, eut en Grèce une grande célébrité, sans qu’on parlât d’elle toutefois autant que la précédente.
Pour Charaxos, quand, après avoir affranchi Rhodopsis, il retourna à Mytilène, Sappho, dans un poème, l’accabla d’invectives. Je m’arrête de parler de Rhodopsis.

Hérodote, II, 134, texte établi et traduit par Ph-E. Legrand éd. Les Belles Lettres.

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