La poétesse Sappho de Lesbos chez le géographe Strabon (-63 av. J.-C. – 19 ap. J.C.)

par Saphisme.com

 

Plan de la page

Notice sur Strabon le géographe

1 ) Connaissances géographiques des poètes le fr. 35 (Lobel, Pigeaud) ou 6 (Reinach)
2) La Leucadienne de Ménandre où Sappho se guérit de l’amour en sautant de Leucade.
3) l’île de Lesbos et ses célébrités dont Sappho, une merveille.

 

Notice sur Strabon le géographe par saphisme.com

Strabon naquit à Amasie (royaume du Pont) vers 63 avant notre ère, visita une grande partie de l’empire romain, séjourna à Rome et en Egypte pour finir sa vie dans sa cité natale. Il écrivit en grec les Esquisses historiques aujourd’hui perdues, et Géographie œuvre quasi totalement conservée en 17 livres. Il y décrit la plupart des régions de l’empire romain en s’inspirant des œuvres d’Erathosthène (IIIe siècle av. J.-C., savant pluridisciplinaire qui fonda la géographie mathématique), d’Apollodore (IIe siècle av. J.-C. auteur de Chroniques historiques) qui lui-même s’inspire d’Erasthothène. Les férus d’homosexualité masculine noteront que « touchant les relations amoureuses, les Crétois ont une coutume très particulière » (le rapt – Strabon livre X, 4, 21). Les amoureux de Sappho de Lesbos retiendront que, sauf erreur de ma part, Strabon le géographe se réfère par trois fois à Sappho et qu'il est le premier auteur à la référencer de "merveille".

D’abord, dans le livre I, 2 Strabon cite un fragment de Sappho : n° 6 chez Reinach, n° 35 chez Lobel et Page, n° 35 chez Pigeaud, n° 101 chez Edith Mora pour démontrer l’étendue des connaissances géographiques des poètes dont le plus grand de tous et le plus cité, Homère s’avère grand historien aux yeux du géographe. Ensuite, dans sa description de l’île de Leucade, (Livre X, 9), Strabon cite cinq vers de la pièce aujourd’hui perdue La Leucadienne de Ménandre, le poète de la Nouvelle Comédie attique (342-292 av. J.-C.) et rapporte la légende du saut de Leucade. Enfin, dans sa description de l’île de Lesbos (Livre XIII, 2, 3), Strabon mentionne les célébrités lesbiennes (=natives de Lesbos) dont « Sappho, une merveille ».

 

1) Connaissances géographiques des Poètes Homère et Sappho

 

(à saisir)

 


2) La Leucadienne de Ménandre

où Sappho se guérit de l’amour en sautant de Leucade

(Strabon traduit par Lasserre).

STRABON GEOGRAPHIE LIVRE V

(tome VII - Ed. Les belles Lettres, 2003,

texte établi et trduit par François Lasserre - pp. 35 à 38)

« 7. Voilà tout ce qu’il y avait à dire des régions occupées par les Acarnaniens et les Etoliens. Touchant maintenant le littoral et les îles adjacentes, voici ce qu’il convient d’ajouter.
En commençant par le goulet du golfe d’Ambracie, la première localité arcanienne est Actium, dont le nom recouvre à la fois le sanctuaire d’Apollon Actios et le promontoire qui ferme le goulet, avec un port sur l’extérieur. A quarante stades d’Actium est Anactorion, bâtie au bord du golfe, à deux cent quarante stades, Leucade (1).

8. Leucade était primitivement une presqu’île et faisait partie du territoire acarnanien. Le poète l’appelle

rive du continent (2),

utilisant le terme de continent pour désigner le littoral vis-à-vis des îles d’Ithaque et de Céphallénie. C’est, en fait, l’Acarnanie, si bien que lorsqu’il dit

rive du continent,

il faut entendre le rivage arcananien. A la presqu’île de Leucade appartenait Néritos, dont il rapporte que Laërte fit la conquête :

Oui des Céphalléniens lorsque j’étais le prince
Je conquis Néritos, rive du continent,
Place forte et cité faite de murs puissants
(3),

Et les localités citées dans le Catalogue :

Ceux qui ont, pour leur part, trouvé leur habitat
Dans la rude Aegilips et dans Crocyléa
(4) .

Mais des Corinthiens envoyés plus tard par Cypsélos et Gorgos s’emparèrent du littéral, dont ils poussèrent la conquête jusqu’au golfe d’Ambracie, fondant les colonies d’Ambracie et d’Anactorion, et percèrent l’isthme qui reliait la presqu’île à la terre (5). Ils firent ainsi de Leucade une île, transférèrent Néritos sur ce qu’était autrefois un isthme et qui est aujourd’hui un détroit franchi par un pont (6), et changèrent le nom de Néritos contre celui de Leucade, dérivé, me semble-t-il, de celui de Leucate. On appelle ainsi, en effet, un éperon rocheux de couleur blanche – d’où son nom – qui prolonge l’île de Leucade sur la mer ouverte en direction de Céphallénie.

9. Sur le rocher que je viens de mentionner se dresse le sanctuaire d’Apollon de Leucate. C’est là que se trouve l’emplacement du saut qui passe traditionnellement pour guérir le mal d’amour,

En ces lieux où l’on dit que Sappho la première – je cite Ménandre –

Quand elle poursuivait le dédaigneux Phaon,
Le désir la blessant d’un cruel aiguillon,
Se jeta du sommet d’une falaise altière
Visible de très loin. Pourtant, sur ta prière,
O prince souverain…
(7)

Ménandre affirme donc que Sappho aurait été la première à tenter le saut. Mais les auteurs les plus férus d’antiquité (8) font remonter l’origine de cet usage à Céphalos, fils de Déioneus, quand il fut amoureux de Ptérélas. Les Leucadiens avaient aussi pour coutume de choisir chaque année, à l’occasion des sacrifices en l’honneur d’Apollon, entre tous ceux sur lesquels pesait une inculpation, un homme que l’on précipitait en guise de victime apotropaïque du haut du poste de guet installé sur le cap. On attachait cependant à son corps des plumes variées et des oiseaux susceptibles de ralentir sa chute en battant des ailes, tandis que de nombreux équipages montés dans de petites barques de pêche attendaient en cercle au pied de la falaise, prêts à lui porter secours s’ils le pouvaient et à le transporter en sécurité hors des frontières du territoire après l’avoir recueilli.
De son côté, l’auteur de l’Alcméonide (9) raconte qu’Icarios, le père de Pénélope, ayant eu deux fils, Alyzeus et Leucadios, ceux-ci régnèrent après sa mort sur l’Acarnanie : selon l’opinion d’Ephore(10) , ils auraient laissé leur nom aux deux villes d’Alyzia et de Leucade.


Notes du traducteur François Lasserre éd. Les Belles Lettres (2003)

Note (1) : Respectivement 7,4 km, distance exacte, et 44,4 km, évaluation deux fois trop longue même si l’on suit la côte de près. On ne saurait dire si la faute vient d’Artémidore, de l’exemplaire de son livre utilisé par Strabon ou d’un copiste de Strabon, ce qui interdit de corriger.
Note (2) : Odyssée, XXIV, 378. La discussion sur Leucade île ou presqu’île provient de Démétrios de Scepsis commentant l’Iliade, II, 631-637, à propos d’îles détachées du continent par des séismes. (…)
Note (3) : Odyssée, XXIV, 377-378 (avec é men au lieu d’oïos)
Note (4) : Iliade, II, 633.
Note (5) :Entre 657 et 627 ou 620 et 590, selon la chronologie qu’on adoptera pour Cypsélos (…).
Note (6) : Bien qu’on n’ait pas encore procédé à l’étude géomorphique systématique du goulet de Leucade, la thèse d’un affaissement de l’isthme qui reliait l’île actuelle au continent paraît l’emporter sur les autres explications, sans qu’il soit possible de dater ce phénomène, d’ailleurs lent et constamment annulé par l’ensablement (Philippson, II, 474 sq.). On ne peut dire, notamment, s’il a pris fin avant ou après l’époque d’Homère (VIIIe s. avant notre ère). Encore visibles, les piles du pont romain datent de 100 av. J.-C. Environ : ce sont celles que Strabon, ici témoin oculaire, a vues lors de ses voyages à Rome.
Note (7) : Fr. 258 Körte-Thierfelder, tiré de la Leucadienne et cité évidemment par Démétrios à propos du nom de Leucate.
Note (8) La périphrase désigne Démétrios, plutôt qu’une source de celui-ci.
Note (9) : Fr. 5 Kinkel, cité par Ephore, qui en ignorait déjà l’auteur. Etranger au propos de Démétrios, cebref alinéa doit être rattaché à la fin de X, 2, 2 comme notice historique sur Leucade et Alyzia : il provient certainement d’Artémidore
.
Note (10) : fr.124.

in Strabon Géographie livre X (éd. Les Belles Lettres tome VII pp. 35 à 38, traduit et annoté par François Lasserre, 2003)

 


 

3) l’île de Lesbos et ses célébrités dont Sappho, une merveille.

 

(à saisir)

 

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- Strabon Géographie texte établi et traduit par François Lasserre éd. Les Belles Lettres Paris, 2003

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28/06/2003 et mise à jour le 25/01/2008


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