Poèmes lesbiens écrits au XIIe siècle au monastère de Tegernss et Bavière  

John Boswell (1947-1994), l'auteur américain de l'essai Christianisme, tolérance sociale et homosexualité (éd. Gallimard, 1985) attire notre attention sur un manuscrit du XIIe siècle provenant du monastère de Tegernsee et Bavière, révélé et publié par Peter Dronke dans Medevial and the Rise of European Love Lyric (2e éd. Oxford, 1978).

Les poèmes écrits en latin sont traduits par Alain Tachet :

I
Je suis écrasée par le chagrin
Car je ne trouve rien
Qui se compare à votre amour,
Plus doux que le lait et le miel,
Et auprès duquel l'éclat de l'or et de l'argent n'est que clinquant.
(...) C'est vous seule que j'ai choisie pour mon cœur
Je vous aime par-dessus tout,
Vous êtes mon amour et mon désir
Comme une tourterelle qui a perdu sa compagne
Et ne sait pas s'éloigner de la branche déserte,
Ainsi je connais un perpétuel tourment
Tant que votre amour ne m'est pas rendu.

 

II
A. à G., sa rose sans pareille
- liens de précieux amour.
Quelle est ma force, pour que je doive supporter cela,
Pour que je me résigne en votre absence ?
Ma force est-elle celle des pierres,
Pour que je doive attendre votre retour ?
Moi, qui connais un perpétuel tourment jour et nuit
Comme celle qui a perdu une main ou un pied ?
Tout ce qu'il y a de charmant et de délicieux
N'est sans doute que boue collée à la semelle.
Je verse des larmes comme jadis je souriais,
Et mon cœur n'est jamais content.
Quand je me rappelle les baisers que vous me donniez
Et comme avec de tendres paroles vous caressiez ma frêle poitrine,
Je veux mourir
Parce que je ne puis vous voir.
Que puis-je faire, infortunée ?
Où me tourner, misérable ?
Si seulement mon corps pouvait être confié à la terre
Jusqu'à votre retour tant désiré ;
Ou si le pouvoir de voyager m'était accordé comme à Habacuc,
Pour que je puisse aller là-bas une seule fois
Contempler le visage de ma bien-aimée -
Il me serait ensuite indifférent que ce fût l'heure même de ma mort.
Car nulle n'est née à ce monde
Si aimable et pleine de grâce,
Ou qui me porte une affection
Si honnête et si profonde.
Aussi je ne cesserai de me tourmenter
Jusqu'à ce qu'il me soit permis de vous voir à nouveau.
Un sage a dit justement que c'est un grand chagrin d'être privé
De ce sans quoi on ne peut vivre.
Tant que le monde durera,
Vous ne serez jamais effacée du sanctuaire de mon cœur.
Que puis-je dire de plus ?
Reviens, mon doux amour !
Ne prolongez plus votre voyage ;
Sachez que je suis incapable de supporter plus longtemps votre absence.
Adieu.
Souvenez-vous de moi.


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