musée-lesbien.com chez saphisme.com
 
 

 

LOUISE ABBÉMA (1853 ou 58 - 1928) PEINTRE FRANÇAISE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Louise Abbéma fut croquée satiriquement et saphiquement par Robert de Montesquiou

Le Corpus Etampois, excellent site qui fournit toujours ses sources, nous livre son savoir sur

Louise Abbéma... http://www.corpusetampois.com/cae-19-abbema.html

 

Le Larousse du XXe siècle en six volumes (1928) offre à cette peintre l'entrée suivante :

ABBÉMA (Louise), femme peintre française, née à Etampes en 1858, morte à Paris en 1927. On lui doit des portraits et des peintures décoratives d'une facture franche et souple.

 

Un courriel de Monsieur Geneste, webmasteur de www.corpusetampois.com que j'ai contacté me signale :
"Un détail, Louise Abbéma n'était pas née en 1858 (comme elle le faisait croire par coquetterie et comme on le lit un peu partout) mais en 1853. Je crois que désormais il n'y a plus de goujaterie à rétablir la vérité!!"

 

Marie-Jo Bonnet, écrit dans Les Deux Amies Essai sur le couple de femmes dans l'art (Éditions Blanche, 2000, p. 191) :

 

"Marie Tellier [personnage du roman Notre Dame de Lesbos (1919) de Charles Etienne] ressemble beaucoup à Louise Abbéma, la grande amie de Sarah Bernhardt qu'elle rencontra en 1875, à vingt-deux ans, pour faire son portrait, et qu'elle ne quittera plus jusqu'à sa mort en 1923, partageant une "amitié" de quelque cinquante ans. Je dis "amitié" parce que ni Sarah Bernhardt, ni Louise Abbéma n'en diront plus, bien que Louise Abbéma ait investi une image publique de masculinité triomphante. Elle porte les cheveux courts, bien avant la garçonne, des jaquettes, des cravates, fume et adopte fièrement la devise "je veux". Elle se construit un personnage de femme artiste heureuse, volontaire, épanouie, dont l'indéniable réussite se constate encore aujourd'hui avec les panneaux décoratifs exécutés pour l'Hôtel de Ville de Paris. En revanche, elle n'a peint aucun couple de femmes. Craignait-elle de se dévoiler ou, trop occupée par sa carrière, préféra-t-elle exploiter sa facilité sans se créer de complications sociales ou esthétiques ? Ainsi, ses tentations impressionnistes sont vite abandonnées alors qu'elles lui ont inspiré ses meilleurs morceaux, comme on peut le voir au musée d'Étampes. D'où le masque agressif de la masculinité qu'elle porte dans le monde dans l'intention probable de se protéger de toute incursion indiscrète dans sa vie privée. Elle réussit d'ailleurs à tromper son monde jusqu'à notre époque, puisque la jeune historienne d'art Olivia Droin parle dans son D.E.A. sur Louise Abbéma (1), de son “prétendu saphisme” comme d'une accusation dont il faudrait l'absoudre pour livrer à la postérité l'image d'une artiste moralement irréprochable.

Robert de Montesquiou, qui l'a bien connue du fait qu'il faisait partie des proches de Sarah Bernhardt, n'hésita pas à faire allusion à sa relation avec Augusta Holmès en parlant à son sujet de "l'Abbémania de gougnotte ! Une forme de variation de l'Ave Maria de Gounod dont Baudelaire aurait dit : “Frères, est-il besoin de vous en donner les raisons”. Il composa également un portrait satirique sous le titre Abîme :

“(...) Abîme, qui depuis des ans a le renom
D'avoir une compagne au lieu d'un compagnon...”

On se demande pourquoi Olivia Droin trouve “cette question aujourd'hui sans grand intérêt”. Elle n'est d'ailleurs pas la seule à tenir cette question pour quantité négligeable. Dans sa biographie de Sarah Bernhardt (2), Philippe Julian affirme que "les choses n'allèrent probablement jamais très loin" avec les femmes, sans fournir aucune preuve. Plus près de nous, Catherine Simon Bacchi (3) se demande "Sarah s'abandonna-t-elle à ces amours féminines ? Il est difficile, car elle fut toujours très secrète sur sa vie privée, de donner une réponse sûre. Il me semble qu'elle accepta facilement les manifestations extérieures, mais qu'il n'y eut jamais rien de sérieux." C.Q.F.D. ! En tous cas, ce sont bien les mains enlacées de Sarah Bernhardt et Louise Abbéma qui témoignent de leur union par-delà le temps, puisqu'elles en ont fait une œuvre d'art. Coulées dans le bronze, signées à l'intérieur, leurs mains ont réapparu sur le marché de l'art dans les années 1990, puis disparu de nouveau...*

 

 

* Acquise par l'association Janet and Co, la sculpture a été volée en 1999.

 


 


 

 

 

 

 

 

 

  haut page
 
hau
 haut page
 

Bibliographie et notes :

 

Bonnet Marie-Jo : Les Deux Amies, Essai sur le couple de femmes dans l'art, édtions Blanche, 2000

(1) Olivia Droin, Louise Abbéma, mémoire de D.E.A. soutenu à l'université de Paris-I en octobre 1993, p. 36

(2) Jullian, Philippe : Sarah Bernhardt, éd. Balland, 1977, p. 112

(3) Simon Bacchi, Catherine : Sarah Bernhardt, mythe et réalité, éd. C. Simon Bacchi, 1984.



Liens lesbiens :

http://www.corpusetampois.com/cle-20-montesquiou-abime.html

http://www.corpusetampois.com/cae-19-abbema040.html

 

accueil

Tout et Rien sur Sappho de Lesbos

bibliothèque lesbienne par auteurs

musée lesbien

sexualité et saphisme. Ici dessin d'Ange et Damnation

haut de page
     
 

www.saphisme.com
Page entoilée le 10/12/2004 et mise à jour le 00/00/0000

pour écrire à la webmastrice : saphisme.com@orange.fr

© Copyright 2000-2010
Édition sur le net :

- des traductions et commentaires francophones de l'œuvre de Sappho de Lesbos dans www.sapphodelesbos.com
- de textes littéraires à connotation lesbienne ou sapphique dans www.litterature-lesbienne.com

- d'une iconographie pompeusement dénommée www.musee-lesbien.com.
Le tout par passion livresque, saphique et sapphique, lesbienne, littéraire et pour tuer le temps.