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  Du lesbianisme ou de l'homosexualité féminine chez Gustav Klimt, peintre autrichien  
 

 

 

 

 

 

 

 


KLIMT Gustav ( Vienne, juillet 1862 - id. février 1918).
Peintre, décorateur, ornemaniste, lithographe et même photographe autrichien.

De nombreuses biographies de Klimt (souvent fantaisistes !) étant à la disposition des amateurs d'art et des curieux, nous nous limiterons à rappeler quelques points. D'abord, Gustav Klimt fut le fondateur, en 1897, de la " Sécession viennoise " équivalent au" Jugendstil " en Allemagne, au" Liberty style " en Angleterre et surtout au " Modern'style " en France. En cette fin de XIXe siècle de nombreux artistes réussirent à faire une sorte " d'Europe de la contestation artistique " qui par la suite donna naissance à de nouveaux grands styles de peinture et même à certains mouvements de pensées.
Dans cette effervescence artistique, l'œuvre de Gustav Klimt est déterminant par sa nouveauté, sa technique (inclusion de matériaux dans la peinture, disparition de la 3e dimension), son mélange des styles et même des civilisations. Les observateurs retrouveront son influence jusque dans le "Pop'art" des années 60 et affirmeront qu'i est le père de l'art moderne.
Certains historiens d'art appellent Klimt " le peintre des femmes " et il faut bien reconnaître qu'elles occupent une place prépondérante dans l'œuvre de ce grand maître autrichien. Les différentes allégories dans ses panneaux décoratifs représentées par des femmes nues côtoient les portraits des riches bourgeoises viennoises et les croquis de nus, couples lesbiens enlacés ou jeunes filles cuisses ouvertes se masturbant avec bonheur.
Klimt, qui ne s'est jamais marié, aimait beaucoup les femmes et la plupart de celles qui passaient dans son atelier, qu'elles soient grisette ou bourgeoise furent ses maîtresses. A la suite de son décès en 1918, le dossier successoral enregistra quelques 14 demandes de reconnaissance en paternité mais un peintre couchant avec ses modèles cela n'a rien d'original... Si Klimt est amoureux des femmes, il divinise surtout LA FEMME.
En effet, dans ses grandes fresques décoratives de monuments prestigieux, quel que soit le sujet, une ou plusieurs femmes sont présentes. Ainsi lorsqu'en 1900-1903, Klimt décore le plafond de l'Université de Vienne et représente La philosophie, La médecine et la Jurisprudence ce ne sont pas des allégories asexuées qu'il peint mais des femmes en chair et en os : La Médecine est une belle femme qui offre sont corps mais pas vraiment à la science. Ces fresques ont d'ailleurs été détruites. Lorsqu'il peint la célèbre " Fresque Beethoven ", il inclut dans son décor une femme enceinte et quelques jolies filles aux pubis garnis de belles toisons brunes. Et puis il y a "Judith " qu'il peindra deux fois et qui est le portrait d'une de ces célèbres maîtresses. Nous ne citerons pas de nom car se déroule actuellement un procès pour que l'état autrichien retire les œuvres représentant cette personne des cimaises des musées. Ce n'est la pauvre petite vierge chrétienne qui défend son pucelage mais une femme dans la plénitude de l'âge qui coupe la tète du prince assyrien (Holopherne) pour affirmer son autorité en tant que femme et prendre la ville.
Pour comprendre les rapports exceptionnels de Klimt avec les femmes, il faut se souvenir que l'on est en pleine révolution freudienne et tout particulièrement à Vienne, où après le grand Sigmund, s'est installé un de ces plus brillant disciple, la psychanalyste Lou Andréas-Salomé. Entourée par des acteurs et des intellectuels, elle répand largement les idées freudiennes et organise les premières revendications féministes.
L'un des endroits privilégiés de ces réunions féministes est l'atelier de Klimt, véritable boudoir de philosophie où se côtoient, dans un joyeux capharnaüm les modèles du peintre et les bourgeoises viennoises. Au milieu de ce véritable harem où la plupart du temps ces dames étaient fort déshabillées, voire toutes nues se créaient des liaisons amoureuses qui s'exposaient en toute liberté. Klimt l'affirme lui-même, c'est dans son atelier, sur le vif si l'on peut dire, qu'il réalisa ces tableaux saphiques (Les serpents d'eau etc…) et même de masturbation puisque l'auto-érotisme était alors prôné comme une libération de la sexualité féminine, malgré les théories anti-clitoridiennes de Freud. Tout ceci fit l'objet de quelques quatre mille dessins dont nous reparlerons plus loin.
Pour comprendre la démarche de Klimt au sujet de la liberté des femmes il faut parler de sa compagne durant 25 ans, Emilie Flöge sur qui les choses les plus idiotes ont été écrites en particulier que sa liaison avec le peintre fut à jamais platonique ou qu'il ne la peignit qu'une seule fois alors que nous connaissons au moins deux tableaux la représentant " habillée ". Emilie était la sœur d'Hélène femme d'Ernst Klimt le frère cadet de Gustav. Etant également peintre, les deux frères Klimt travaillèrent ensemble jusqu'à la mort d'Ernst en 1892.
Gustav Klimt connut Emilie en 1891 lors du mariage de son frère, elle avait alors 17 ans et lui 29 ans. Il se lia d'amitié avec elle mais aussi avec toute la famille Flöge.
Lors du décès d'Ernst, Gustav devint le tuteur de sa nièce ce qui le rapprocha encore non seulement de sa belle-sœur Hélène mais aussi d'Emilie. Très affecté par la mort de son frère, Gustav demeura pratiquement trois ans sans peindre et la jeune fille lui fut d'un grand secours. Nous ne connaissons que deux portraits d'Emilie, elle lui servit de modèle et une étrange ressemblance se décèle dans certains dessins érotiques.
Gustav avec l'aide de ses amis artistes installe l'atelier de mode des sœurs Flöge à Vienne. Féministe convaincue et militante, Emilie conçoit sur des dessins de Gustav des robes larges et amples dans lesquelles les femmes ( les mêmes qui fréquentent l'atelier de peinture) se sentent d'autant plus libres surtout qu'à l'époque tombe le véritable instrument de torture qu'était le corset, rendant ainsi beaucoup plus faciles les caresses sous le pantalon largement fendu sur le devant.
Emilie et Gustav vivent séparément, mais ils passent leurs vacances ensemble et la jeune femme vient très souvent à l'atelier du peintre, lui-même fréquentant assidûment l'atelier de mode dont Emilie a pris la direction.
Furent-ils amants ? Tout porte à le croire, mais conservons ce délicieux mystère par respect pour eux, tout comme le fait qu'Emilie ne s'afficha jamais avec d'autre liaison masculine pourrait laisser penser à une attirance pour les femmes surtout dans le contexte précédemment exposé et sachant qu'elle fut souvent l'inspiratrice, voire le modèle, des tableaux d'obédience sapphique de Gustav Klimt.
Une chose est certaine : ces deux êtres s'aimaient très fort, ainsi au moment de mourir, à l'instant suprême où la vie s'en va Klimt murmura ces derniers mots : " Emilie viens ! " .
Après avoir était mis au banc de la société durant de nombreuses années pour ces œuvres considérées comme pornographiques, Gustav Klimt est encore aujourd'hui contesté mais ce qui est plus grave c'est que nous n'avons que peu de trace de ces œuvres à la gloire des amours féminines. En effet, en 1945 une grande partie de la production du peintre, en particulier les dessins, furent soi-disant mise à l'abri des bombardements dans un entrepôt de vin qui, bizarrement, prit feu juste quelques temps après.
Ainsi si les portraits officiels des " dames de Vienne " ont été conservés, il reste fort peu de chose des amours d'Adèle, d'Amélie, d'Elisabeth, d'Eugénia, de Fritza, de Johanna, de Moda, de Sonja, d'Hermine et de toutes celles que nous ne connaissons pas et que Gustav Klimt a immortalisées avec tant de talent et d'amour.

Enfin, Gustav Klimt fut l’ami et même vraisemblablement le guide d’un autre grand peintre autichien également chantre des amours sapphiques, Egon Schiele.

2005, L'Inconnue Nue

 

 

 

 

 

 

 

 
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Bibliographie :

Gustav Klimt, papiers érotiques par CarolineMessensee, Werner Hofman, Jean Clair, Fondation Dina Vierny-Musée Maillol, Gallimard, 2005.
Bonnet Marie-Jo : Les Deux Amies, Essai sur le couple de femmes dans l'art, éditions Blanche, 2000 (rien sur Klimt).
Bonnet Marie-Jo : Les Femmes dans l'art, éditions de Lamartinière, 2004
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