Sapho chez le poète lyonnais Charles Fontaines (1513 ou 14- entre 1564 et 1588)

 
Mireille Huchon dans son ouvrage Louise Labé une créature de papier (Droz, Genève, 2006, pp. 96-98) commente :
« Le poète Charles Fontaine, dans Les ruisseaux de Fontaine, en 1555, cite la poétesse en compagnie des autres auteurs lyriques anciens, Homère, Pindare, Simonide, Stésichore, Alcée, Anacréon, Virgile. Il la fige dans la mort accolant son luth. Il parle longuement d’elle dans la préface sur l’épître de Sappho à Phaon qui accompagne la traduction de la vingt et unième épître d’Ovide dans l’édition qu’il donne des épîtres d’Ovide parue chez Jean de Tournes en 1556. Il fait état de deux Sappho et termine le développement qu’il consacre à la première, en mentionnant qu’à Mytilène, il y avait aussi une autre Sappho, mais de mauvaise réputation. De la première Sappho, il fournit des éléments biographiques, disant reprendre ce qu’il a écrit précédemment dans le livre des médailles publié à Lyon en 1553 (ce qui prouve son intérêt à cette date pour Sappho) ; femme admirée pour sa sagesse par Platon, amoureuse éperdue de Phaon à cause de qui elle se suicidera, après lui avoir écrit une lettre particulièrement émouvante. Toutes les femmes de Mytilène furent amoureuses de celui qui tenait sa beauté d’un onguent donné par Vénus et, tout particulièrement, la savante Sappho dont Charles Fontaine précise aussi qu’elle inventa une sorte de vers qui, de son nom, sont appelés Sapphiques, qu’elle fut nommée la dixième Muse et comptée entre les neuf Poètes lyriques. »

 

Charles Fontaine,
in Les ruisseaux de Fontaine
(Lyon, Thibauld Payan, 1555, p. 86)

« Autre, à elle mesme,
Le renom encores volant,
Bruit que Sapho fut accolant
Son doux luc, bien qu’elle soit morte,
Et que de luy nul chant ne sorte,
Abbatu du sort violant ».

 
	  

Charles Fontaine,
in XXIe Epitres d’Ovide
(révision de la traduction de Saint-Gelais, p. 405)

« Sappho, comme j’ay déclaré au livre des medales, fut une femme Poëte, du tems de Tarquin Prisque, de laquelle Platon mesme admiroit la sapience ; Ce nonobstant estant vefve d’un homme bien riche, de qui elle eut une fille, s’enamoura de Phaon desmesurement. Car comme il fut allé en Sicile, elle ayant doute d’estre peu aymée de luy, d’une ardeur et impaciente rage d’amour, proposa au peril de sa vie appaiser cette fureur, et se getta d’un mont d’Epitre en la mer ; ayant toutefois premierement escrit à son ami Phaon l’epitre suyvante, semée de plusieurs amoureuses et lascives afeccions, pour recouvrer le sien amy ; et ne laisse aucun point qui face à l’esmouvoir d’avoir pitié et compassion d’elle ainsi par luy delaissée. »

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- Huchon Mireille : Louise Labé une créature de papier (Droz, Genève, 2006, 483 p. 22 €)



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