Du dégoût du lesbianisme chez Mme la duchesse d'Orléans née Princesse Palatine (1652-1722)  

 

Charles-Louis, prince-électeur du Palatinat, maria sa fille Elisabeth-Charlotte à Monsieur, frère de Louis XIV dans l’intention de s’allier définitivement la France afin d’éviter des guerres à son peuple allemand. Elisabeth-Charlotte donne trois enfants : l’un meurt nourrisson, le second née fille et le troisième Philippe assurera la Régence en 1715, à la mort du Roi Soleil né en 1638.

Monsieur assura son devoir dynastique et fit très vite chambre à part pour mieux profiter de ses amants. Madame, née pour obéir, ne s’en offusqua pas mais n’appréciait guère l’influence dispensatrice des amants de son époux soupçonnés d’avoir assassiné la première épouse de Monsieur, Henriette d’Angleterre. Confinée à la cour, assombrie par le despotisme royal puis par l’influence de la morganatique Mme de Maintenon épousée secrètement en 1684, Madame se livrera à une incessante correspondance écrite en allemand avec ses parents et alliés palatins dont sa chère tante Sophie qui prit soin de son éducation et de son instruction dans son enfance.

Sa correspondance est une mine d'informations sur la vie quotidienne de la cour de France à l'époque de la monarchie absolue du Grand Louis (1643-1715) qui, écrit-elle, n'est pas très intelligent et n'a jamais lu la bible. Elle y dépeint son auto-portrait physique et moral avec une dure et poignante auto-critique humoristique. Sa très respectueuse amitié pour le roi, son amour pour son fils et sa haine pour celle qui l'éloigna du Roi, Mme de Maintenon, sa très grande tolérance pour toutes les religions - pour son mariage elle dût, en secret, abjurer le protestantisme pour le catholicisme - jalonnent la plupart de ses lettres.

La Princesse Palatine fait de nombreux commentaires sur le « vice masculin » car celui-ci est bien visible au sein de la cour. Son éducation protestante ne peut approuver de tels penchants mais elle est encore plus sévère à l’égard « des femmes amoureuses les unes des autres », elle n’en éprouve pas « le goût doux de vous » mais bien « le dégoût » d'elles... Vous l'avez compris, Madame est lesbophobe mais elle m'émeut d'autant que sa condition d'aristocrate lui fait cependant regretter sa condition de femme : prisonnière de la cour et dépendante de son mari puis veuve, dépendante de la charité du roi.

 

A LA RAUGRAVE LOUISE

Saint-Cloud, le 23 juin 1699.

… Les comtes de Nassau ont l’air de braves enfants. J’espère qu’ils n’apprendront rien de mal ici. Je sais grand gré à nos bons et honnêtes Allemands de ne pas tomber dans l’horrible vice qui est tellement en vogue ici, qu’on ne s’en cache plus car on plaisante les jeunes gens de ce que tel ou tel est amoureux d’eux, comme en Allemagne on plaisante une fille à marier. Il y a pis : les femmes sont amoureuses les unes des autres, ce qui me dégoûte encore plus que tout le reste…
Mon voyage à Bar est bien peu certain, car on commence à dire qu’il coûterait gros et occasionnerait des frais inutiles…
On ne parle ici que de la femme du conseiller qui a fait assassiner son mari, du courage avec lequel elle a subi la mort et de l’horreur de son supplice, car le bourreau l’a frappée cinq ou six fois avant d’avoir pu abattre la tête. Il y avait une telle foule de gens qui voulaient assister à l’exécution qu’on avait loué les fenêtres cinquante louis d’or. Elle s’appelait Mme Ticket. Elle s’était fait tirer son horoscope ; on lui avait prédit qu’elle atteindrait un âge fabuleux et vivrait fort heureuse pourvu qu’elle se gardât de la main d’un homme qui portait le même nom qu’elle. De son nom de fille, elle s’appelait Carlier et il se trouve justement que le bourreau l’a décapitée porte le même nom. Cela est vraiment remarquable.

 

A LA RAUGRAVE LOUISE

Port-Royal, le 15 mai 1701.

… J’ai regretté toute ma vie d’être femme, et, à dire vrai, cela m’eût convenu davantage d’être électeur plutôt que Madame. Je n’aurai pas rançonné le pays, comme fait l’électeur actuel, et aurais laissé toutes les religions parfaitement tranquilles. J’aimerai mieux être électeur que roi d’Angleterre. Ni l’humeur des Anglais, ni leur parlement ne me conviennent. Je n’envie pas cette succession à ma tante ; mais aussi elle saura mieux les prendre que moi…

 

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