Correspondance littéraire de Karlsruhe au sujet d'une parenticide homosexuelle !!!

 

La revue littéraire Europe n° 835-836 novembre – décembre 1998 propose dix articles sur l’œuvre du Marquis de Sade. Dans sa contribution sadienne intitulée « Terreur sur la liste », Patrick Wald Lasowski cite la lettre du 14 mars 1767 extraite de la Correspondance littéraire de Karlsruhe=ville allemande de la région de Bade, s'est développée autour du château du même nom construit en 1714 sur le modèle de celui de Versailles par Claude Pougin de Saint-Aubin, édité par J. Schlobach, chez Champion-Statkine, 1995.

Une jeune femme éprouvant une "passion violente pour une personne de son sexe" désire tuer père et mère. La lettre mentionne rapidement le rapport entre le rejet familial et social de l'homosexualité et les désirs assassins du sujet qui se transforment en profanations mystiques... [J'emploie dans le titre de cette page le terme de "parenticide" sur le modèle du rare matricide et sur le plus commun parricide qui signifie indistinctement le meurtre du père ou de la mère et la personne qui le commet.]

« En mars 1767, quatre ans après les impiétés commises par Sade en compagnie de Jeanne Testard, un avant le scandale du dimanche de Pâques (3 avril 1768), l’histoire d’une jeune fille fait grand bruit dans Paris :

 

 

« Elle n’a que dix-sept à dix-huit ans, elle est jolie, a une figure de vierge, des traits qui annoncent la candeur et l’innocence, des yeux pleins de douceurs. Cette fille avec de si beaux traits a le caractère d’un monstre. Eprise d’une passion violente pour une personne de son sexe et gênée par ses parents, elle a voulu empoisonner son père et sa mère. Ils l’ont fait renfermer à l’Hôpital général, et là, ses mauvaises inclinations n’ont fait que s’accroître ; mais apparemment qu’elle a su les cacher sous un dehors d’hypocrisie qui en a imposé aux supérieurs de la maison. Il y a quelques temps qu’elle approcha de la sainte table ; elle se retira aussitôt après avoir communié, reprit l’hostie de sa bouche, la mit dans son livre et, après la messe, emmena une de ses camarades dans les latrines et y jeta la sainte hostie après l’avoir foulée au pied en disant qu’il fallait bien que Dieu n’y fût pas présent réellement, puisqu’il ne la punissait pas. Depuis cette horrible profanation, elle dit qu’elle veut mourir, que la vie lui est insupportable, qu’elle n’a rien fait que de propos délibéré, que le jeune homme d’Abbeville [le chevalier de La Barre] n’en avait pas tant fait qu’elle, et qu’il a péri par le dernier supplice. Est-il possible ? On serait disposé à croire que cette jeune femme a la tête tournée ; mais malheureusement, dit-on, elle met dans tous ses discours tant de fermeté et de présence d’esprit qu’on ne peut que croire qu’elle s’est familiarisé avec le crime par principes, et que, par conséquent, la scélératesse est poussée chez elle au plus haut degré. »

 

 

« Les philosophes du siècle l’auront éclairée sur la nécessité d’avoir une conduite. La jeune fille y puise fermeté et passion du discours, l’esprit de suite. Lesbianisme, parricide, corruption, profanation entrent en série : la perversion s’ordonne à merveille sur cette échelle des anges de la monstruosité. « Enchaînez, mesdemoiselles, enchaînez » est le mot d’ordre du Crime. La véritable scélératesse se gagne par principes. Par voie de conséquence. »

 

 


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