- Extrait
du poème "LA VERITE" où "les plaisirs de Sodome
et les jeux de Sapho" plaisent à la Nature :
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- Ces douces actions
que vous nommez des crimes,
Ces excès que les sots croyent illégitimes,
Ne sont que les écarts qui plaisent à ses yeux,
Les vices, les penchants qui la délectent mieux ;
Ce qu'elle grave en nous n'est jamais que sublime ;
En conseillant l'horreur, elle offre la victime :
Frappons la sans frémir, et ne craignons jamais
D'avoir, en lui cédant, commis quelques forfaits.
Examinons la foudre en ses mains sanguinaires :
Elle éclate au hasard, et les fils, et les pères,
Les temples, les bordels, les dévots, les bandits,
Tout plaît à la nature : il lui faut des délits.
Nous la servons de même en conmmettant le crime :
Plus notre main l'étend et plus elle l'estime (6).
Usons des droits puissants qu'elle exerce sur nous
En nous livrant sans cesse aux plus monstrueux goûts (7) :
Aucun n'est défendu par ses lois homicides,
Et l'inceste, et le viol, le vol, les parricides,
Les plaisirs de Sodome et les jeux de Sapho,
Tout ce qui nuit à l'homme ou le plonge au tombeau,
N'est, soyons-en certains, qu'un moyen de lui plaire.
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(6) Aussitôt qu'il est démontré que le crime
lui plaît, l'homme qui la servira le mieux sera nécessairement celui qui donnera le plus d'extension ou de gravité
à ses crimes, en observant que l'extension lui plaît mieux encore que la gravité, car le meurtre ou le parricide,
quelque différence qu'y établissent les hommes, sont absolument la même chose à ses yeux. Mais celui qui aura
commis le plus de désordres dans l'univers lui plaira toujours bien davantage que celui qui se sera arrêté au premier
pas. Que cette vérité mette bien à l'aise ceux qui lâchent la bride à leurs passions, et qu'ils se convainquent
bien qu'ils ne servent jamais mieux la nature qu'en multipliant leurs forfaits.
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(7) Ces goûts ne sont vraiment utiles et chers à la
nature qu'autant qu'ils propagent, qu'ils étendent ce que les hommes appellent le désordre. Plus ils coupent, sapent, détériorent,
détruisent, puis ils lui sont précieux. L'éternel besoin qu'elle a de destruction sert de preuve à cette assertion
; détruisons donc ou empêchons de naître, si nous voulons être utile à ses plans. Ainsi le masturbateur,
le meurtrier, l'infanticide, l'incendiaire, le sodomite, sont des hommes selon ses désirs, et ceux que nous devons par conséquent
imiter.
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Les sept extraits saphiques du
roman LES CENT VINGT JOURNEES DE SODOME :
1er extrait : portrait de Mme Champville "fidèle
imitatrice de Sapho" :
MADAME CHAMPVILLE était une grande femme d'environ
cinquante ans, mince, bien faite, l'air le plus voluptueux dans le regard et dans la tournure ; fidèle imitatrice de Sapho, elle
en avait l'expression jusque dans les plus petits mouvements, dans les gestes les plus simples et dans ses moindres paroles. Elle s'était
ruinée à entretenir des femmes, et sans ce goût, auquel elle sacrifiait généralement ce qu'elle pouvait
gagner dans le monde, elle eût été très à son aise. Elle avait été très longtemps
fille publique et, depuis quelques années, elle faisait à son tour le métier d'appareilleuse, mais elle était
resserrée dans un certain nombre de pratiques, tous paillards sûrs et d'un certain âge, jamais elle ne recevait de jeunes
gens, et cette conduite prudente et lucrative raccommodait un peu ses affaires. Elle avait été blonde, mais une teinte plus
sage commençait à colorer sa chevelure. Ses yeux étaient toujours fort beaux, bleu d'une expression très agréable.
Sa bouche était belle, fraîche encore et parfaitement entière ; pas de gorge, le ventre bien, elle n'avait jamais fait
d'envie, la motte un peu élevée et le clitoris saillant de plus de trois pouces quand il était échauffé
: en la chatouillant sur cette partie, on était bientôt sûr de la voir se pâmer, et surtout si le service lui était
rendu par une femme. Son cul était très flasque et très usé, entièrement mou et flétri, et tellement
endurci par des habitudes libidineuses que son histoire nous expliquera, qu'on pouvait y faire tout ce qu'on voulait sans qu'elle le sentît.
Une chose assez singulière, et assurément fort rare à Paris surtout, c'est qu'elle était pucelle de ce côté
comme une fille qui sort du couvent, et peut-être, sans la maudite partie où elle s'engagea, et où elle s'engagea avec
des gens qui ne voulaient que des choses extraordinaires et à qui par conséquent celle-là plut, peut-être, dis-je,
sans cette partie-là, ce pucelage singulier fût-il mort avec elle.(...)
LA Champville a cinquante ans. Elle est mince, bien faite
et les yeux lubriques ; elle est tribade, et tout l'annonce dans elle. Son métier actuel est le maquerellage. Elle a été
blonde, elle a de jolis yeux, le clitoris long et chatouilleux, un cul fort usé à force de service, et néanmoins elle
est pucelle par là.
2e extrait saphique du roman LES
CENT VINGT JOURNEES DE SODOME : La maquerelle Duclos qui aime les femmes initie sa soeur au libertinage :
Tout étant prêt, Duclos monta sur sa tribune
et reprit ainsi le fil de sa narration :
(...) Sur cela ma soeur m'embrassa. " Allons, dit-elle, je vois à présent que tu es une bonne fille. Va, va, sois sûre
que nous ferons fortune. Je suis jolie, et toi aussi : nous gagnerons ce que nous voudrons, ma mie. Mais il ne faut pas s'attacher, souviens-t'en.
Aujourd'hui l'un, demain l'autre. Il faut être putain, mon enfant, putain dans l'âme et dans le coeur. Pour moi, continua-t-elle,
je la suis tant, vois-tu à présent, qu'il n'y a ni confession, ni prêtre, ni conseil, ni représentation qui pût
me retirer du vice. J'irais, sacredieu ! montrer mon cul sur les bornes avec autant de tranquillité que je boirai un verre de vin.
Imite-moi, Françon, on gagne tout sur les hommes avec de la complaisance ; le métier est un peu dur dans les commencements,
mais on s'y fait. Autant d'hommes, autant de goûts ; d'abord, il faut t'y attendre. L'un veut une chose, l'autre en veut une autre,
mais qu'importe, on est là pour obéir, on se soumet : c'est bientôt passé et l'argent reste. " J'étais
confondue, je l'avoue, d'entendre des propos aussi déréglés dans la bouche d'une fille si jeune et qui m'avait toujours
paru si décente. Mais comme mon coeur en partageait l'esprit, je lui laissai connaître bientôt que j'étais non
seulement disposée à l'imiter dans tout, mais même à faire encore pis qu'elle si cela était nécessaire.
Enchantée de moi, elle m'embrassa de nouveau, et comme il commençait à se faire tard, nous envoyâmes chercher
une poularde et du bon vin ; nous soupâmes et couchâmes ensemble, décidées à aller dès le lendemain
matin nous présenter chez la Guérin et la prier de nous recevoir au nombre de ses pensionnaires. Ce fut pendant ce souper
que ma soeur m'apprit tout ce que j'ignorais encore du libertinage. Elle se fit voir à moi toute nue, et je puis assurer que c'était
une des plus belles créatures qu'il y eût alors à Paris. La plus belle peau, l'embonpoint le plus agréable, et
malgré cela la taille la plus leste et la plus intéressante, les plus jolis yeux bleus, et tout le reste à l'avenant.
Aussi appris-je depuis combien la Guérin en faisait cas et avec quel plaisir elle la procurait à ses pratiques qui, jamais
las d'elle, la redemandait sans cesse.
" Le nouvel état dans lequel je vais entrer m'oblige,
dit la Duclos, de vous ramener un instant, messieurs, au détail de mon personnel. On se figure mieux les plaisirs que l'on peint
quand l'objet qui les procure est connu. Je venais d'atteindre ma vingt et unième année. (...) Quoiqu'il y eût très
longtemps que je fusse dans le libertinage, il était impossible d'être plus fraîche, tant à cause du bon tempérament
que m'avait donné la nature que par mon extrême sagesse sur les plaisirs qui pouvaient gâter ma fraîcheur ou nuire
à mon tempérament. J'aimais très peu les hommes, et je n'avais jamais eu qu'un seul attachement. Il n'y avait guère
dans moi que la tête libertine, mais elle l'était extraordinaire, et après vous avoir peint mes attraits, il est bien
juste que je vous entretienne un peu de mes vices. J'ai aimé les femmes, messieurs, je ne m'en cache point. Pas cependant au degré
de ma chère compagne, Mme Champville, qui vous dira sans doute qu'elle s'est ruinée pour elles, mais je les ai toujours préférées
aux hommes dans mes plaisirs, et ceux qu'elles me procuraient ont toujours eu sur mes sens un empire plus puissant que les voluptés
masculines. J'ai eu, outre cela, le défaut d'aimer à voler : il est inouï à quel point j'ai poussé cette
manie. Entièrement convaincue que tous les biens doivent être égaux sur la terre et que ce n'est que la force et la
violence qui s'opposent à cette égalité, première loi de la nature, j'ai tâché de corriger le sort
et de rétablir l'équilibre du mieux qu'il m'a été possible. Et sans cette maudite manie peut-être serais-je
encore avec le mortel bienfaisant dont je vais vous entretenir.
Mes adieux furent bientôt faits ; mon coeur ne regrettait
rien, car il ignorait l'art de s'attacher, mais mes plaisirs regrettaient Eugénie, avec laquelle j'avais depuis six mois des liaisons
très intimes, et je partis.
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3e extrait du roman LES CENT
VINGT JOURS DE SODOME, Adélaïde, la fille du Président Curval et Sophie ... se consolaient ... :
Le président, qui couchait cette nuit-là avec
sa fille Adélaïde, s'en étant amusé jusqu'à l'instant de son premier sommeil, l'avait relégué
sur un matelas, par terre, près de son lit, pour donner sa place à Fanchon qu'il voulait toujours avoir près de lui
quand la lubricité le réveillait, ce qui lui arrivait presque toutes les nuits. (...) Cette nuit-là, le président,
qui se rappela tout de suite quelques infamies faites à sa fille ne s'endormant, la redemanda tout de suite pour les recommencer,
mais elle n'y était pas. Qu'on en juge du trouble et de la rumeur qu'excite aussitôt un tel événement. Curval
se lève en fureur, demande sa fille ; on allume des bougies, on cherche, on fouille, rien ne paraît. Le premier mouvement fut
de passer dans l'appartement des filles ; on visite tous les lits, et l'intéressante Adélaïde se trouve enfin assise
en déshabillé, auprès de celui de Sophie. Ces deux charmantes filles, qu'unissaient un caractère de tendresse
égal, une piété, des sentiments de vertu, de candeur et d'aménité absolument les mêmes, s'étaient
prises de la plus belle tendresse l'une pour l'autre et elles se consolaient mutuellement du sort affreux qui les accablait. On ne s'en
était pas douté jusqu'à lors, mais les suites firent découvrir que ce n'était pas la première
fois que cela arrivait, et l'on sut que la plus âgée entretenait l'autre dans les meilleurs sentiments et l'engageait surtout
à ne pas s'éloigner de la religion et de ses devoirs envers un Dieu qui les consolerait un jour de tous leurs maux. Je laisse
au lecteur à juger de la fureur et des emportements de Curval lorsqu'il découvrit là la belle missionnaire (...). L'événement
de la nuit fit la conversation du dîner ; on railla le président de laisser ainsi sauter les oiseaux de sa cage ; le vin de
Champagne lui rendit sa gaieté, et on passa au café. Narcisse et Céladon, Zelmire et Sophie, le servirent. Cette dernière
était bien honteuse ; on lui demanda combien de fois cela était arrivé, elle répondit que ce n'était
que la seconde et que Mme de Durcet lui donnait de si bons conseils qu'il était en vérité bien injuste de les punir
toutes les deux pour cela. Le président l'assura que ce qu'elle appelait de bons conseils en étaient de très mauvais
dans sa situation et que la dévotion qu'elle lui mettait dans la tête ne servirait qu'à la faire punir tous les jours
; qu'elle ne devait avoir, où elle se trouvait, d'autres maîtres et d'autres dieux que ses trois confrères et lui, et
d'autre religion que de les servir et de leur obéir aveuglément dans tout.
Ma première idée, dès que ma bonne patronne fut enterrée, fut de prendre moi-même sa maison et de la maintenir
sur le même pied qu'elle. Je fis part de ce projet à mes compagnes, qui toutes, et Eugénie surtout, qui était
toujours ma bien-aimée, me promirent de me regarder comme leur maman.
Je venais de faire une perte dans ma maison qui m'était
sensible de toutes les manières : Eugénie, que j'aimais passionnément, et qui m'était singulièrement
utile à cause de ses extraordinaires complaisances pour tout ce qui pouvait me rapporter de l'argent.
Ce fut Lucile, dit la Duclos, qui la remplaça et dans
mon coeur et dans mon lit, mais non pas dans les emplois de la maison ; car il s'en fallait bien qu'elle eût et sa soumission et sa
complaisance.
Mon infernal esprit me suggéra ici une petite horreur
dont l'effet embrassa si promptement mon physique, que faisant aussitôt sortir notre marchandeuse, et ne pouvant calmer l'embrasement
de mes sens, je commençai par prier Lucile de me branler.(...) Lucile accepte, je la branle pour l'exciter encore mieux au crime,
et nous ne nous occupons plus que des arrangements.
Le comte, voyant qu'il pouvait avoir confiance en moi, m'instruisit
de la seconde scène qu'il préparait à cette vieille et à sa petite fille ; il me dit qu'il fallait que je la
lui fisse enlever sur-le-champ, et que, de plus, comme il voulait réunir toute la famille, je lui cédasse aussi Lucile dont
le beau corps l'avait vivement ému, et dont il ne me cachait pas qu'il projetait la perte, ainsi que des deux autres. J'aimais Lucile,
mais j'aimais encore mieux l'argent ; il me donnait un prix fou de ces trois créatures, je consentis à tout.
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4e extrait du roman LES CENT
VINGT JOURS DE SODOME, Durcet découvre une nouvelle incartade entre Adélaïde et Sophie :
C'est une véritable maladie de l'âme que la dévotion
; on a beau faire, on ne s'en corrige point. Plus facile à s'imprégner dans l'âme des malheureux, parce qu'elle les
console, parce qu'elle leur offre des chimères pour les consoler de leurs maux, il est bien plus difficile encore de l'extirper dans
ces âmes-là que dans d'autres. C'était l'histoire d'Adélaïde : plus le tableau de la débauche et
du libertinage se développait à ses yeux, plus elle se rejetait dans les bras de ce Dieu consolateur qu'elle espérait
avoir un jour pour libérateur des maux où elle ne voyait que trop qu'allait l'entraîner sa malheureuse situation. Personne
ne sentait mieux son état qu'elle ; son esprit lui présageait au mieux tout ce qui devait suivre le funeste commencement dont
elle était déjà victime, quoique légèrement ; elle comprenait à merveille qu'à mesure que
les récits deviendraient plus forts, les procédés des hommes, envers ses compagnes et elle, deviendraient aussi plus
féroces. Tout cela, quelque chose qu'on pût lui dire, lui faisait tant qu'elle pouvait rechercher avec avidité la société
de sa chère Sophie. Elle n'osait plus y aller la nuit ; on s'en était trop aperçu, et on s'opposait trop bien à
ce que pareille incartade pût arriver désormais, mais sitôt qu'elle avait un instant, elle y volait ; et cette même
matinée-ci dont nous écrivons le journal, s'étant levée de très bonne heure d'auprès de l'évêque
avec qui elle avait couché, elle était venue dans la chambre des jeunes filles causer avec sa chère Sophie. Durcet,
qui à cause des fonctions de son mois, se levait aussi plus matin que les autres, l'y trouva, et lui déclara qu'il ne pouvait
pas s'empêcher d'en rendre compte; et que la société en déciderait comme il lui plairait. Adélaïde
pleura, c'était là toutes ses armes, et se laissa faire ; la seule grâce qu'elle osa demander à son mari fut
de tâcher de ne point faire punir Sophie, qui ne pouvait pas être coupable puisque c'était elle qui était venue
la trouver, et non Sophie qui fut venue dans sa chambre.
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5e extrait du roman LES CENT
VINGT JOURS DE SODOME, Aline et Zelmire deux jeunes filles ... impures entre elles :
Une nouvelle intrigue se formait pourtant à la sourdine
des murs impénétrables du château de Silling, mais elle n'était pas d'une conséquence aussi dangereuse
que celle d'Adélaïde et de Sophie. Cette nouvelle association se tramait entre Aline et Zelmire ; la conformité du caractère
de ces deux jeunes filles avait aidé beaucoup à les lier : toutes deux douces et sensibles, deux ans et demi de différence
au plus dans leur âge, bien de l'enfance, bien de la bonhomie dans leur caractère, en un mot presque toutes deux les mêmes
vertus et presque toutes deux les mêmes vices, car Zelmire, douce et tendre, était nonchalante et paresseuse comme Aline. En
un mot elles se convenaient si bien que, le matin du vingt-cinq, on les trouva dans le même lit, et voici comme cela eut lieu. Zelmire,
étant destiné à Curval, couchait comme on sait, dans sa chambre ; cette même nuit, Aline était femme de
lit de Curval ; mais Curval, revenu ivre mort des orgies, ne voulut coucher qu'avec Bande-au-Ciel, et moyennant cela, les deux petites colombes,
abandonnées et réunies par ce hasard, se campèrent, de crainte du froid, toutes deux dans le même lit, et là
on prétendit que leur petit doigt s'était gratté ailleurs qu'au coude. Curval, en ouvrant les yeux le matin, et voyant
ces deux oiseaux dans le même nid, leur demanda ce qu'elles faisaient là, et, leur ordonnant de venir à l'instant toutes
deux dans son lit, il les flaira au-dessous du clitoris, et reconnut clairement qu'elles étaient encore toutes deux pleines de foutre.
Le cas était grave : on voulait bien que ces demoiselles fussent des victimes d'impudicité, mais on exigeait qu'entre elles
il y eût de la décence (car que n'exige pas le libertinage dans ses perpétuelles inconséquences !), et si l'on
voulait bien quelquefois leur permettre d'être impures entre elles, il fallait que ce fût, et par ordre de ces messieurs, et
sous leurs yeux. Moyen en quoi le cas fut porté au conseil, et les deux délinquantes, qui ne purent ou n'osèrent désavouer,
eurent l'ordre de montrer comment elles s'y prenaient, et de faire voir devant tout le monde quel était leur talent particulier.
Elles le firent en rougissant beaucoup, en pleurant, et en demandant pardon ce qu'elles avaient fait. Mais il était trop doux d'avoir
ce joli petit couple à punir le samedi d'ensuite pour qu'on imaginât de leur grâce, et elles furent subitement inscrites
sur le fatal livre de Durcet, qui, par parenthèse, se remplissait très agréablement cette semaine. (...) On raisonna
beaucoup pendant le dîner sur l'action d'Aline : on la croyait sainte-nitouche, et tout à coup voilà des preuves de
son tempérament. " Eh! bien, dit Durcet à l'évêque, mon ami, faut-il s'en rapporter à l'air des filles,
maintenant ? " On convint unanimement qu'il n'y avait rien de si trompeur, et que, comme elles étaient toutes fausses, elles
ne se servaient jamais de leur esprit qu'à l'être avec plus d'adresse. Ces propos firent tomber la conversation sur les femmes,
et l'évêque, qui les abhorrait, se livra à toute la haine qu'elles lui inspiraient ; il les ravala à l'état
des plus vils animaux, et prouva leur existence si parfaitement inutile dans le monde, qu'on pourrait les extirper toutes de dessus la terre
sans nuire en rien aux vues de la nature qui, ayant trouvé autrefois le moyen de créer sans elles, le trouverait encore quand
il n'existerait que des hommes.
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6e extrait saphique du roman
LES CENT VINGT JOURS DE SODOME , Champville en sa qualité de tribade devait branler trois jeunes filles :
(...) Les récits ayant été longs, cette
soirée-ci, l'heure du souper vint sans qu'on eût le temps de paillarder un peu avant. On fut donc se mettre à table,
bien résolus de se dédommager après le repas. Ce fut alors que tout le monde étant rassemblé, on détermina
de constater enfin les jeunes filles et les jeunes garçons que l'on pouvait mettre au rang des hommes et des femmes. Il fut question,
pour décider la chose, de branler tous ceux de l'un et l'autre sexe sur lesquels on avait quelque soupçon. En femmes on était
sûr d'Augustine, de Fanny et de Zelmire : ces trois charmantes petites créatures, âgées de quatorze et quinze
ans, déchargeaient toutes trois au plus légers attouchements ; Hébé et Michette, n'ayant encore que douze ans,
n'étaient pas même dans le cas d'être essayées. Il ne s'agissait donc, chez les sultanes, que d'éprouver
Sophie, Colombe et Rosette, âgées, la première de quatorze ans et les deux autres de treize. Chez les garçons
on savait que Zéphire, Adonis et Céladon lâchaient du foutre comme des hommes faits ; Giton et Narcisse étaient
trop jeunes pour être essayés. Il ne s'agissait donc que de Zélamir, Cupidon et Hyacinthe. Les mais firent cercle autour
d'une pile d'amples carreaux que l'on arrangea à terre ; Champville et Duclos furent nommées pour les pollutions ; l'une,
en sa qualité de tribade, devait branler les trois jeunes filles, et l'autre, comme maîtresse en l'art de branler des vits,
devait polluer les garçons. Elles passèrent dans la ceinture formée par les fauteuils des amis, et qu'on avait remplie
de carreaux, et on leur livra Sophie, Colombe, Rosette, Zélamir, Cupidon, Hyacinthe, et chaque ami, pour s'exciter pendant le spectacle,
prit un enfant entre ses cuisses. Le duc prit Augustine, Curval Zelmire, Durcet Zéphire et l'évêque Adonis. La cérémonie
commença par les garçons, et Duclos, la gorge et les fesses découvertes, le bras nu jusqu'au coude, mis tout son art
à polluer l'un après l'autre chacun de ces délicieux ganymèdes. (...) On passa aux filles. Champville, presque
nue, très bien coiffée et élégamment ajustée du reste ne paraissait pas plus de trente ans, quoiqu'elle
en eût cinquante. La lubricité de cette opération de laquelle, comme tribade fieffée, elle comptait retirer le
plus grand plaisir, animait de grands yeux noirs qu'elle avait toujours eus fort beaux. Elle mit pour le moins autant d'art dans sa partie
que Duclos en avait mis dans la sienne : elle pollua à la fois le clitoris, l'entrée du vagin et le trou du cul ; mais la
nature ne développa rien chez Colombe et Rosette ; il n'y eut pas même la plus légère apparence de plaisir. Il
n'en fut pas ainsi de la belle Sophie : au dixième coup de doigts, elle se pâma sur le sein de Champville ; de petits soupirs
entrecoupés, ses belles joues qui s'animèrent du plus tendre incarnat, ses lèvres qui s'entrouvrirent et se mouillèrent,
tout prouva le délire dont venait de la combler la nature, et elle fut déclarée femme. Le duc, qui bandait extraordinairement,
ordonna à Champville de la branler une seconde fois, et, à l'instant de sa décharge, le scélérat vint
mêler son foutre impur à celui de cette jeune vierge.
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7e et dernier extrait tribadique
du roman LES CENT VINGT JOURS DE SODOME, Liste d'orgies saphiques :
30. Il fait branler deux filles devant lui, et fout alternativement
les branleuses en levrettes pendant qu'elles continuent de se saphotiser.
Le sept. 31. Il veut qu'une grande fille en mette à
mal une petite, qu'elle la branle, qu'elle lui donne de mauvais conseils, et qu'elle finisse par la lui tenir pendant qu'il la fout vierge
ou non. (...)
Le huit. 36. Il forme douze groupes de deux filles chaque, mais elles sont engeancées de façon qu'elles ne montrent que leurs
culs ; tout le reste du corps est caché. Il se branle en voyant toutes ces fesses.
37. Il fait branler six couples à la fois, dans une
salle de glaces. Chaque couple est composé de deux filles se branlant dans des attitudes lubriques et variées. Il est au milieu
du salon, regarde et les couples et leur répétition dans ses glaces, et décharge au milieu de cela, branlé par
une vieille. Il a baisé les fesses de ces couples.
70. (...) On découvre ce jour-là qu'Augustine
et Zelmire se branlent ensemble ; elles sont toutes deux rigoureusement punies.
74. (...) On surprend ce jour-là Julie, toujours plus
libertine que jamais, se branlant avec la Champville. L'évêque la protège encore plus depuis lors, et l'admet dans sa
chambre, comme le duc a Duclos, Durcet Martaine et Curval Fanchon. Elle avoue que depuis sa répudiation, comme elle avait été
condamnée à aller coucher dans l'étable des bêtes, la Champville l'avait retirée dans sa chambre et couchait
avec elle.
15. Ce soir-là, le duc veut qu'Augustine soit branlée
sur le clitoris, qu'elle a très chatouilleux, par la Duclos et la Champville, qui se relaient et qui la branlent jusqu'à l'évanouissement.
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ALINE ET VALCOUR OU LE ROMAN
PHILOSOPHIQUE
LETTRE TRENTE HUITIEME
DETERVILLE A VALCOUR
SUITE DE L'HISTOIRE DE SAINVILLE ET LEONORE
Indépendamment des vices dont le chef était
convenu vis à vis de nous, il en régnait dans notre troupe quelques-uns de secret, dont le peu d'importance avait sans doute
empêché notre instituteur de nous parler ; de ce nombre était la manie singulière qui faisant trouver à
une femme autant, et souvent bien plus de plaisir dans son propre sexe qu'avec les hommes, la détermine à ne choisir que parmi
ses compagnes les agents de son libertinage : goût triste et solitaire sans doute, mais qui n'a nulle espèce d'inconvénients,
dépravation légère, qui n'apporte aucun tort à la société, dont l'acte est bien moins dangereux
que le désordre naît du mélange des sexes et qui, s'il ne donne rien à la nature, lui ravit au moins bien peu
de chose. Du nombre de ces femmes étaient dona Cortillia et j'étais devenue le malheureux objet de sa passion ; elle ne put
tenir à me la déclarer ; elle était prête, disait-elle, à me sacrifier Florentina qu'elle aimait avec
fureur... Il n'y a rien qu'elle ne fit pour moi... Il était impossible d'exprimer jusqu'où se portait sa délicatesse
; jamais la célèbre Sapho n'en mit autant avec Démophile ; la fleur que j'avais touchée lui devenait chère,
elle la baisait mille fois, et la laissait mourir sur sa gorge ; si je lui permettais de me rendre des soins, je lui préparais des
jouissances ; ses pleurs coulaient si je lui ravissais ces innocents plaisirs.
" Je ne te demande point de retour, me disait-elle quelquefois avec cette chaleur, avec de raffinement de sensibilité qui caractérise
si bien les femmes de ce goût... Non Léonore, je ne t'en demande point, je te conjure que de te laisser aimer ; ne rejette
pas les sentiments de mon coeur, et ne m'humilie pas au moins si tu ne veux pas me rendre heureuse. "
Ensuite elle se jetait à mes pieds, elle les baisait, elle inondait de ses larmes la terre qu'ils venaient de fouler ; si j'enflammais
d'un mot sa coupable espérance, les roses de son teint se ranimaient, le rire s'épanouissait sur ses lèvres. Si, plus
livrée au dessein formel où j'étais de ne la point satisfaire qu'à la politique qui souvent me forçait
à feindre, je la suppliais de ne plus me parler de ces choses ; le souffle brûlant du Midi qui dessèche le sein de l'oeillet
ne le flétrit pas plus sensiblement que mes duretés n'altéraient son visage ; elle se retirait confuse ; la rappelais-je
? elle retombait à mes pieds, et jamais peut-être où a conformité fut entière, le sentiment ne fut plus
délicat*.
Cependant mes résistances invincibles la contraignirent à se venger ; elle crut assurer sa victoire en piquant mon orgueil
; elle attaqua Clémentine, y trouva plus de facilité, et ne fit naître en moi d'autres sentiments que de la pitié
pour toutes deux. Mon ardente compagne, le sang brûlé longtemps sous la zone, sans principes comme sans vertus, et qui ne devait
qu'à mes conseils et à mon amitié d'avoir été préservée de la corruption jusqu'à
lors, ne tint pas aux sollicitations de la bohémienne. Cette liaison, qui prit d'abord avec la plus grande violence, me donna pourtant
toutes les inquiétudes de l'amitié et quelques autres qui n'étaient relatives qu'à moi ; j'étais fâchée
de voir ma compagne engagée dans ce désordre. Je connaissais assez la chaleur de sa tête, pour craindre qu'une telle
intrigue, en amusant à la fois son tempérament et son coeur, ne la fixât pour jamais avec ces bandits. Si cela arrivait,
me tiendrait-elle les promesses qu'elle m'avait faites ?... quitterait-elle la troupe avec moi quand nous serions à Madrid, et me
procurerait-elle dans cette villes les secours qu'elle m'y avait assurés ?
Elle se douta dès ce second jour du chagrin que tout cela me donnait ; elle me pria d'être tranquille, et me jura qu'un instant
d'oubli où la tête seule avait part, n'altérait jamais les sentiments de son coeur. Je me rassurai, mais la société
où je me trouvais ne m'en parut que plus affreuse ; je ne tenais pas à l'idée de m'y voir entièrement isolée,
et mes larmes coulaient souvent en silence.
Clémentine, assez mon amie pour ne pouvoir tenir au tourment qu'elle me donnait, se sépara insensiblement de Cortillia et
revint à moi plus tendre et plus fidèle que jamais. Je vous ai raconté de suite le commencement et la fin de cette
incartade, pour n'avoir plus à y revenir. Reprenons maintenant le fil de notre route.
* On n'est point encore convenu d'un nom honnête pour
cet égarement. Celui que les femmes de mauvaise vie lui donnent, est affreux. Puisque Sapho s'immortalisa bien plus par ce désordre
que par ses vers, pourquoi ne conviendrait-on pas de nommer saphotisme ce travers singulier du libertinage des femmes ?
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LA NOUVELLE JUSTINE
Justine, condamnée aux mêmes soins, est obligée
de rengainer une seconde fois l'instrument. Il faut voir avec quelle peine... avec quelle répugnance elle exécute ce dont
on la charge. La putain veut cette fois-ci qu'elle lui branle le clitoris : Desroches lui guide la main ; mais la gaucherie de l'écolière
dégoûte bien la fougueuse Delmonse : " Secoue-moi, secoue-moi, Desroches, s'écrie-t-elle ; je m'aperçois
que si la corruption de l'innocence flatte le moral, la débilité de ses moyens ne vaut rien au physique, surtout avec une
libertine comme moi, qui fatiguerait dans ses transports dix mains comme celle de Sapho, et dix vits comme celui d'Hercule. "
(...)
" Justine ", dit le farouche patron de ce château, " pourquoi ne m'avertis-tu pas des intrigues qui se forment ici
? - Je les ignore, Monsieur. - Je vais donc te les révéler ", dit Gernande ne laissant apercevoir aucune altération
sur sa barbare figure. " Apprends que Dorothée est folle de ma femme, et qu'elle vient de me faire demander la permission de
passer quelques heures de cette matinée avec elle : j'y ai consenti ; mais je veux surprendre ces voluptés-là. Il faut
que tu me caches dans un cabinet qui se trouve près de son ottomane, et par un des vitraux duquel je pourrai voir tout ce que insigne
tribade essaiera sur ma chaste épouse. - Mais avez-vous éprouvé déjà, Monsieur, ce qu'on peur entendre
ou découvrir par le vitrage de ce cabinet ? - Eh ! oui, oui, tous les jours ; c'est là où je me cache pour entendre
les complaintes qu'elle fait de moi, et pour m'en délecter. "
Notre héroïne, qui raisonnablement, ne devait faire usage ici que de sa soumission, entra sur-le-champ avec Gernance dans le
cabinet en question ; et Dorothée, qui ne se doutait de rien, passa chez Mme de Gernance, qui fut très surprise de cette visite.
La d'Esterval, impérieuse, hautaine, aussi féroce que son mari, et à laquelle on avait donné carte blanche,
ne s'amusa point, comme l'on croit, à filer le parfait amour , une des vieilles l'escortait, avec l'ordre d'obliger l'épouse
infortunée à se prêter à tout ce qu'exigeait la Messaline qu'on lui envoyait. Il fallut obéir : la victime
dépouillée n'offrit bientôt plus que des pleurs et des charmes. On n'a pas l'idée de la fureur de Mme d'Esterval
; de tels transports ne se peignent point : oubliant absolument son sexe, la fière tribade se livra sans honte à tous les
égarements... à toutes les fureurs des hommes : ce n'était plus Sapho dans les bras de Damophile, c'était Néron
près de Tigellin. Toutes les lubricités masculines, toutes les passions des hommes, tous les désordres de leur plus
cruel libertinage furent mis en oeuvre par ce monstre de crapule et de perversité , il n'y eut rien qu'elle fît, rien qu'elle
n'inventât pour assouvir son impudente luxure ;et la pauvre maîtresse de Justine fut plus fatiguée de cette scène,
qu'elle ne l'était de celles où la soumettait son époux. " Oh ! foutre ", disait Gernande, en se faisant
sucer par Justine, " voilà qui est délicieux : je n'ai jamais rien vu qui m'échauffât la tête à
ce point. J'aime cette Dorothée à la fureur ; et si j'avais une semblable femme, je ne l'aurais jamais rendue ma victime...
Ah ! suce, Justine... suce... tâche que mon foutre coule en même temps que celui de cette coquine. " Mais les désirs
de Gernande, irrités sans être satisfaits, n'eurent point l'issue désirée ; et la d'Esterval se lassa, avant
que celui qui dérobait ses plaisirs fût arrivé au terme des siens. Dégoûtée de sa jouissance, elle
jeta sur elle des yeux de mépris ; elle l'insulta, elle lui répéta plusieurs fois que son époux était
bien fou de la laisser vivre si longtemps ; elle dénigra les charmes dont elle venait, de s'enivrer, les profana, les molesta, et
sortit, en disant qu'elle allait conseiller à son mari de prendre bientôt un parti ferme sur une aussi méprisable épouse.
A peine Dorothée fut-elle sortie de la chambre de Mme de Gernance, que le patron y passa avec Justine ; et, prenant son texte de
la visite qu'il venait de surprendre, il n'y eut de sorte de mauvais propos... de menaces dont il n'accablaît sa malheureuse femme.
Celle-ci se défendit de son mieux. On a ouvert ma porte, monsieur, dit-elle en pleurant : une des vieilles à qui je suis confiée
m'a amené cette femme de votre part ; il m'est devenu impossible de me défendre de ses tentatives... je les aurais repoussés
si je l'avais pu. " Mais Gernande, qui ne cherchait que l'occasion d'une scène qu'il se procurait par là d'une manière
délicieuse pour une âme aussi fausse que la sienne, condamna sur-le-champ sa femme à la saignée ; et le monstre,
très échauffé par ses préliminaires, la piqua dans l'instant aux deux bras et au con. Pour cette fois il se
passa d'hommes, Justine lui suffit ; la malheureuse s'épuisa à force de le pomper : le cruel animal, maître de son sperme,
eut l'art de n'en lâcher les flots, que quand il vit sa femme évanouie ; et cette séance fut une des plus barbares que
Justine lui vit éprouver.
(...)
Comme il y avait là huit ou dix hommes qui ne voyaient jamais que des garçons, et cinq ou six femmes qui n'adoraient Vénus
que sous les habits de Sapho, ce ne fut guère qu'à une trentaine de personnes de l'un et l'autre sexe que notre héroïne
eut affaire : tout se passe avec ordre ; mais elle n'en fut pas moins excédée. Obligée de prêter tantôt
le con, tantôt le cul, souvent la bouche et les aisselles... contrainte à polluer hommes et femmes... à recevoir mille
baisers plus dégoûtants les uns que les autres ; quelquefois battue, fustigée, souffletée, mordue, pincée,
nous laissons à penser au lecteur en quel état la malheureuse dut sortir de cette joute libidineuse : il n'y eut pas jusqu'aux
enfants qui ne la soumissent à leurs fantaisie ; et Justine, toujours complaisante, toujours esclave et toujours malheureuse se prête
à tout avec une résignation dont la source est loin de son coeur.
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LA PHILOSOPHIE DANS LE BOUDOIR
OU
LES INSTITUTEURS LIBERTINS
DIALOGUES
destinés à l'éducation des jeunes demoiselles
MME
DE SAINT-ANGE : Eh bien ! mon cher amour, pour compenser aujourd'hui
ta délicate complaisance, je vais livrer à tes ardeurs une
jeune fille vierge, et plus belle que l'amour. (...) c'est une petite fille
que
j'ai connue au couvent l'automne dernier, pendant que mon mari était
aux eaux. Là nous pûmes
rien, nous n'osâmes rien, trop d'yeux étaient fixés sur
nous, mais nous nous promîmes de nous réunir dès
que cela serait possible ; uniquement occupée de ce désir j'ai,
pour y satisfaire, fait connaissance avec sa famille. Son père est
un libertin... que j'ai captivé. Enfin la belle vient, je l'attends,
nous passerons deux jours encemble... deux jours délicieux, la meilleure
partie de ce temps, je l'emploie à éduquer cette jeune personne.
MME DE SAINT-ANGE : Ah ! mes amis, me voilà donc foutue
des deux côtés... sacredieu, quel divin plaisir ! non, il n'en est pas de semblable au monde. Ah ! foutre, que je plains la
femme qui ne l'a pas goûté ; secoue-moi, Dolmancé, secoue-moi ; force-moi, par la violence de tes mouvements à
me précipiter sur le glaive de mon frère ; et toi, Eugénie, contemple-moi, viens me regarder dans le vice ; viens apprendre
à mon exemple, à le goûter, avec transport, à le savourer avec délices... Ô Lucifer ! seul et unique
Dieu de mon âme, inspire-moi quelque chose de plus, offre à mon coeur de nouveaux écarts, et tu verras comme je m'y
plongerai !
DOLMANCE : Voluptueuse créature ! comme tu détermines mon foutre, comme tu en presses la décharge, et tes propos, et
l'extrême chaleur de ton cul... tout va me faire partir à l'instant. Eugénie, échauffe le courage de mon fouteur,
presse ses flancs, entrouvre ses fesses ; tu connais maintenant l'art de ranimer des désirs vacillants... Ta seule approche donne
de l'énergie au vit qui me fout... Je le sens, ses secousses sont plus vives... Friponne, il faut que je te cède ce que je
n'aurais voulu devoir qu'à mon cul. Chevalier, tu t'emportes, je le sens... attends-moi... attends-nous. Ô mes amis, ne déchargeons
qu'ensemble, c'est le seul bonheur de ma vie.
MME DE SAINT-ANGE : Ah ! foutre... foutre, partez, quand vous voudrez... pour moi, je n'y tiens plus ! double nom d'un Dieu, dont je me
fous... sacré bougre de Dieu ! je décharge... inondez-moi, mes amis... inondez votre putain, lancez les flots de votre foutre
écumeux, jusqu'au fond de son âme embrasée, elle n'existe que pour les recevoir... ahe, ahe, ahe, foutre... foutre,
quel incroyable excès de volupté, je me meurs ; Eugénie, que je te baise, que je te mange... que je dévore ton
foutre en perdant le mien.
Augustin, Dolmancé et le chevalier font chorus, la crainte d'être monotone nous empêche de rendre des expressions qui
dans de tels instants se ressemblent toutes.
(...)
MME DE SAINT-ANGE : Il ne faut à l'avenir s'occuper que d'elle seule, mon frère, considère-là, c'est ta proie...
Examine ce charmant pucelage, il va bientôt t'appartenir.
EUGENIE : Oh ! non, par-devant , cela me ferait trop de mal, par-derrière, tant que vous voudrez, comme Dolmancé me l'a fait
tout à l'heure?
MME DE SAINT-ANGE : La naïve et délicieuse fille... Elle vous demande précisément ce qu'on a tant de peine à
obtenir des autres.
EUGENIE : Oh ! ce n'est pas sans un peu de remords : car vous ne m'avez point rassurée sur le crime énorme que j'ai toujours
entendu dire qu'il y avait à cela, et surtout à le faire d'homme à homme, comme cela vient d'arriver à Dolmancé
et à Augustin ; voyons, voyons, monsieur, comment votre philosophie explique cette sorte de délit, il est affreux, n'est-ce
pas ?
DOLMANCE : Commencez à partir d'un point, Eugénie, c'est que rien n'est affreux en libertinage, parce que tout ce que le libertinage
inspire, l'est également par la nature, les actions les plus extraordinaires, les plus bizarres, celles qui paraissent choquer le
plus évidemment toutes les lois, toutes les institutions humaines (car pour du Ciel, je n'en parle pas), eh bien ! Eugénie,
celles-là même ne sont point affreuses, et il n'en est pas une d'elle qui ne puisse se démontrer dans la natures ; il
est certain que celle dont vous me parlez, belle Eugénie, est la même relativement à laquelle on trouve une fable si
singulière dans le plat roman de l'Ecriture sainte, fastidieuse compilation d'un juif ignorant, pendant la captivité de Babylone,
mais il est faux, hors de toute vraisemblance, que ce soit en punition de ces écarts que ces villes, ou plutôt ces bourgades
aient péri par le feu ; placées sur le cratère de quelques anciens volcans, Sodome, Gomorrhe, périrent comme
ces villes de la Grèce qu'engloutirent les laves du Vésuve ; voilà tout le miracle, et ce fut pourtant de cet événement
tout simple que l'on partit pour inventer barbarement le supplice du feu, contre les malheureux humains qui se livreraient dans une partie
de l'Europe à cette naturelle fantaisie.
EUGENIE : oh, naturelle !
DOLMANCE : Oui, naturelle, je le soutiens, la nature n'a pas deux voix,
dont l'une fasse journellement le métier de condamner ce
que l'autre inspire, et il est bien certain que ce n'est que par son organe,
que les hommes entichés de cette manie reçoivent
les impressions qui les y portent. Ceux qui veulent proscrirent ou condamner
ce goût, prétendent qu'il nuit à la population
; qu'ils sont plats ces imbéciles qui n'ont jamais que cette idée
de population dans la tête, et qui ne voit jamais
que du crime à tout ce qui s'éloigne de là ; est-il donc
démontré que la nature aie de cette population
un aussi grand besoin qu'ils voudraient nous le faire croire ? Est-il bien
certain qu'on l'outrage chaque fois qu'on s'écarte de
cette stupide propagation ? Scrutons un instant, pour nous en convaincre,
et sa marche et ses lois. (...) Allons plus loin ; si les femmes n'étaient
nées que pour produire, ce qui serait assurément, si cette production était
si chère à
la nature, arriverait-il que, sur la plus longue vie d'une femme, il ne
se trouve cependant que sept ans, toute déduction faite,
où elle soit en état de donner la vie à son semblable
? Quoi, la nature est avide de propagations, tout ce qui ne tend pas à ce
but l'offense ; et sur cent ans de vie, le sexe destiné à produire,
ne le pourra que pendant sept ans ? La nature ne veut que des propagations
et la semence qu'elle prête à l'homme pour servir ces propagations,
se perd tant qu'il plaît à l'homme ; il trouve le même
plaisir à cette perte qu'à l'emploi utile, et jamais le moindre
inconvénient
?... Cessons, mes amis, de croire à de telles absurdités ; elles
font frémir le bon sens ; ah ! loin d'outrager la
nature, persuadons-nous bien au contraire que le sodomite et la tribade
la servent, en se refusant opiniâtrement à une conjonction,
dont il ne résulte qu'une progéniture fastidieuse pour elle.
(...)
Mais la sodomie, mais ce prétendu crime qui attira
le feu du ciel sur les villes qui y étaient adonnées, n'est-elle point un égarement monstrueux, dont le châtiment
ne saurait être assez fort ? (...) Les Turcs, fort enclins à cette dépravation que Mahomet consacra dans son Alcoran,
assurent néanmoins qu'une très jeune vierge peut assez bien remplacer un garçon, et rarement les leurs deviennent femmes
avant que d'avoir passé par cette épreuve. Sixte Quint et Sanchez permirent cette débauche, ce dernier entreprit même
de prouver qu'elle était utile à la propagation, et qu'un enfant créé après cette course préalable
en devenait infiniment mieux constitué ; enfin les femmes se dédommagèrent entre elles, cette fantaisie sans doute
n'a pas plus d'inconvénients que l'autre, parce que le résultat n'en est que le refus de créer, et que les moyens de
ceux qui ont le goût de la population sont assez puissants pour que les adversaires n'y puissent jamais nuire ; les Grecs appuyaient
de même cet égarement des femmes, sur des raisons d'Etat ; il en résultait que se suffisant entre elles, leurs communications
avec les hommes étaient moins fréquentes, et qu'elles ne nuisaient point ainsi aux affaires de la République, Lucien
nous apprend quel progrès fit cette licence, et ce n'est pas sans intérêt que nous la voyons dans Sapho. Il n'est, en
un mot, aucune sorte de danger dans toutes ces manies, se portassent-elle même plus loin, allassent-elles jusqu'à caresser
des montres et des animaux, ainsi que nous l'apprend l'exemple de plusieurs peuples ; il n'y aurait pas dans toutes ces fadaises le plus
petit inconvénient, parce que la corruption des moeurs souvent très utile dans un gouvernement, ne saurait y nuire sans aucun
rapport, et nous devons attendre de nos législateurs assez de sagesse, assez de prudence pour être bien sûrs qu'aucune
loi n'émanera d'eux pour la répression de ces misères, qui tenant absolument à l'organisation, ne sauraient
jamais rendre plus coupable celui qui y est enclin, que ne l'est l'individu que la nature créa contrefait.
" Ah ! qu'on m'encule ", s'écrie la putain en s'agenouillant sur un canapé ; " Volmar, Flavie, Juliette, armez-vous
de godemichés, vous Ducroz et Télème, bandez ferme, et que vos vits mutins entrelacent les membres postiches de ces
coquines ; voilà mon cul : Foutez-le tous ; Laurette sera devant moi pendant ce temps-là, et je lui ferai tout ce qui me passera
par la tête. " Les ordres de la supérieure s'exécutent ; à la manière dont la libertine reçoit
ces attaques, il est facile de voir à quel point elle y est habituée ; à mesure qu'un des acteurs la travaille, un
autres se courbant sous elle, lui chatouille le clitoris ou l'intérieur de la motte , c'est de la réunion de ces deux actes
que la volupté s'améliore, elle n'est vraiment entière, qu'autant qu'une douce masturbation du devant vient prêter
aux intromissions du cul le sel piquant qui peut résulter de cette jouissance. A force d'irritation, Delbène devint furieuse
; les passions parlaient impétueusement dans cette femme ardente, et nous ne tardâmes pas à nous apercevoir que c'était
bien plutôt à ses fureurs qu'à ses caresses que servait la petite Laurette ; elle la mordait, elle la pinçait,
elle l'égratignait. " Sacredieu, s'écria-t-elle à la fin, sodomisée par Télème, chatouillée
par Volmar, oh, foutre ! je décharge. Vous m'avez fait mourir de volupté, asseyons-nous, et dissertons. Ce n'est pas tout
que d'éprouver des sensations, il faut encore les analyser : il est quelquefois aussi doux d'en savoir parler que d'en jouir, et
quand on ne peut plus celui-ci, il est divin de se rejeter sur l'autre. Faisons cercle ; Juliette, calme-toi, je lis déjà
ton inquiétude dans tes regards ; as-tu donc peur que nous te manquions de paroles ? Voilà ta victime, continua-t-elle, en
me montrant Laurette ; tu l'enconneras, tu l'enculeras, cela est sûr ; les promesses des libertines sont solides comme leurs dérèglements
: Télème, et vous Ducroz soyez près de moi, je veux manier vos vits en parlant , je veux les faire rebandez, je veux
que l'énergie qu'ils retrouveront sous mes doigts, se communique à mes discours, et vous verrez mon éloquence s'accroître,
non comme celle de Cicéron en raison des mouvements du peuple entourant la tribune aux harangues, mais comme celle de Sapho en proportion
du foutre qu'elle obtenait de Damophile.
Six filles charmantes de chez la Duvergier devaient m'accompagner
chez ce Crésus. Mais, plus distinguée que les autres, à moi seule s'adressait le véritable culte dont mes compagnes
n'étaient que les prêtresses : on nous fit entrer, dès en arrivant, dans un cabinet tendu de satin brun, couleur adoptée,
sans doute, pour relever l'éclat de la peau des sultanes qui y étaient reçues ; et, là, l'introductrice nous
prévint de nous déshabiller : dès que je le fus, elle me ceignit d'une gaze noire et argent, qui me distinguait de
mes compagnes : cette parure, le canapé sur lequel on me plaça pendant que les autres, debout, attendaient en silence les
ordres qui devaient leur être donnés, l'air d'attention que l'on eût pour moi, tout me convainquit bientôt des
préférences qui m'étaient destinées.
Mondor entre ; c'était un homme de soixante-six ans, petit, trapu, mais l'oeil libertin et vif : il examine mes compagnes, et les
ayant louées l'une après l'autre, il m'aborde en m'adressant quelques-unes de ces grosses gentillesses qu'on ne trouve que
dans le dictionnaire des traitants. " Allons, dit-il à sa gouvernante, si ces demoiselles sont prêtes, nous allons nous
mettre à l'ouvrage. " Trois scènes composaient l'ensemble de cet acte libidineux : il fallait premièrement, pendant
que j'allais, avec ma bouche, réveiller l'activité très endormie de Mondor, il fallait, dis-je, que mes six compagnes,
réunies en trois groupes, exécutassent, sous ses regards, les plus voluptueuses attitudes de Sapho ; aucunes de leurs postures
ne devaient être les mêmes ; chaque instant devait les voir renouveler. Insensiblement les groupes se mêlèrent,
et nos six tribades, exercées depuis plusieurs jours, formèrent enfin le tableau le plus neuf et le plus libertin qu'il fût
possible d'imaginer.(...) Il fallait, pendant que le paillard m'enculait, I° que sa gouvernante, armée d'un immense godmiché
lui rendît le même service ; 2° qu'une des filles, agenouillée sous moi, excitât beaucoup de bruit dans mon
con en le branlant avec sa langue (...)
La Marquise promet tout ce que je veux, nous partons. En me
voyant conduire au delà du Tibre, et dans les quartiers de Rome les plus reculés, un instant j'eus quelques frayeurs ; je
les cachai ; nous arrivâmes. La maison me parut vaste et de bonne apparence, mais sombre, isolée, silencieuse, et telle que
semblait l'exiger les mystères que nous y allions célébrer.
" Jusqu'alors, quoique nous eussions traversé plusieurs pièces
(...) Elle est avec les quatre filles que je destine à madame ", dit la vieille. Alors je regardai la marquise en rougissant...
" Folle, me dit-elle, nous ne nous gênons pas ici, et nous agissons toujours l'une devant l'autre dans les passions égales.
Celles qui s'amusent avec les femmes se mettent ensemble ; celles qui jouissent avec des hommes se réunissent de même - Mais
je ne connais point cette femme, dis-je toute honteuse. - Eh bien, vous ferez connaissance, en vous branlant, c'est la meilleure de toutes
les façons. Allons, décide-toi avant que d'entrer là ", continua cette libertine ; en montrant un salon à
gauche : " Tu vois que ce sont des hommes, ici " ; montrant à droite : " Il y a des femmes, choisis promptement, je
vais te présenter. " J'étais dans un état violent ; je brûlais de voir des hommes : mais comment oser courir
tous les risques qui pouvaient résulter de cette incartade ; d'un autres côté je redoutais cette nouvelle connaissance...
Quelle pouvait être cette femme... Serait-elle discrète ? Sa présence ne me gênerait-elle pas étonnamment
; mon embarras se trouva tel que je restai trois ou quatre minutes pétrifiée : " Décide-toi donc, petite bougresse
", me dit Salviati, en me poussant, " sais-tu que les moments chers ici, et que je n'aime pas à les perdre... -Eh bien,
dis-je, je vais entrer avec les femmes " ; aussitôt la vieille gratte à la porte... " Un moment ", lui dit-on
: quelques minutes après une jeune fille me vint ouvrir ; nous pénétrâmes : la compagne de la marquise était
une femme de quarante-cinq ans, qui paraissait encore belle, et que je me rappelle point d'avoir vue dans le monde. Mais quel désordre,
grand Dieu. Ah ! si l'on avait voulu peindre la débauche et l'impureté, il n'eût pas fallu d'autres traits que ceux
dont était souillé le front de cette créature effrénée ; elle était nue sur une ottomane, les
cuisses écartées ; deux jeunes filles à ses pieds, couchées sur des carreaux, étaient dans la même
indécence. Son teint était allumé, ses yeux égarés, ses cheveux flottaient sur son sein dégradé...
Sa bouche écumait. Deux ou trois mots qu'elle balbutia en nous voyant entrer, me firent voir qu'elle était ivre ; les débris
que j'aperçus près d'elle, achevèrent de m'en convaincre. " Foutre, dit-elle à la marquise, je déchargeais
quand vous avez frappé, voilà pourquoi je vous ai fait attendre ; quelle est cette petite putain ? - Une de nos soeurs, répondit
Salviati ; elle est tribade à ton exemple, et vient se faire branler comme toi. - Libre à elle ", répond la vieille
Sapho, sans se bouger, " voilà des doigts, des godmichés et des cons ; qu'elle s'en donne ; mais que je la baise avant,
elle est pardieu jolie " ; et me voilà dans l'instant baisée, léchée, troussée, avant même
que de m'en apercevoir. " Je te laisse ", dit la marquise à son amie. " On m'attend là-haut ; je te recommande
la novice ; forme-la, je t'en prie ", et aussitôt les portes se ferment : les quatre filles me sautent sur le corps, et dans
un clin d'oeil me mettent aussi nue qu'elles ; je ne te rendrai point ce qui se passa... Ma pudeur souffrirait trop de ces détails
; tu sauras seulement que le libertinage et la débauche durent portés à leur comble ; la vieille dame s'amusa de moi,
elle s'amusa devant moi ; je fis, à mon tour, et d'elle et des quatre filles, tout ce qui me passa par la tête : la duègne
se plaisait à m'étonner, à me surprendre, à me scandaliser par les épisodes les plus inconcevables et
les plus lubriques. On eût dit que ses plus grands charmes eussent consisté à m'offrir la luxure dans ses tableaux les
plus sales et les plus bizarres, afin de mieux gâter mon esprit et de mieux corrompre mon coeur. Enfin le jour parut, la marquise
vint me reprendre, et nous regagnâmes promptement nos palais toutes les deux, dans la plus grande appréhension que nos maris
qui nous croyaient au bal, ne vinssent à s'apercevoir de la tromperie : ils ne s'en doutèrent pas. Encouragée par ces
premiers succès, je me laissai conduire encore dans cette affreuse maison ; séduire par la pernicieuse marquise, je ne tardais
pas de me livrer aux hommes, et mon désordre fut au comble. Des remords s'emparèrent enfin de mon âme ; la vertu me
rappela dans son sein ; je fis le serment d'être sage, et je le serais encore sans toi, dont les grâces et les attraits touchants
feront toujours rompre aux pieds des autels de l'Amour, les indiscrets serments qu'aurait arrachés de la sagesse.
-