Sapho par Gustave de la Renaudière (1861)  

 
Armand Gasté (1838-1902) a écrit une monographie des parents « Philippe, Gustave et Ferdinand de La Renaudière » (1887, Firmin-Didot, in-16) dans laquelle il édite le poème Sapho de Gustave de La Renaudière (Vire 1812 - Amélie-lesBains 1862), auteur d’un recueil Les Cantilènes (1842). Gustave est le fils aîné d’Adèle Guyot cousine éloignée d’Alfred de Musset et de Philippe de la Renaudière (1781-1845) juriste, Président du tribunal civil de Vire, fondateur de la Société de Géographie, collaborateur du Journal des Voyages. Géographe littérateur Phlippe de la Renaudière, père de Gustave reçut la Légion d’honneur. Philippe était lui-même fils de Jean-François Lasnon sieur de la Renaudière, gendarme de la garde de Louis XVI et de Victoire Le Marchand de Rosel fille et petite-fille de trésoriers généraux.

 

SAPHO

Amour, âme du monde, amour qui fus ma vie,
Pourquoi survivre, hélas! à ma beauté ravie
Et permettre à mes yeux des éclairs impuissants ?
Quand ma jeunesse a fui, que ne l'as-tu suivie!
Amour, âme du monde, amour qui fus ma vie,
Eteins-toi dans mon coeur, éteins-toi dans mes sens.

Adieu, sonore écho de mon trop long délire,
Harmonieuse amie, adieu. Cesse, ô ma lyre,
De rendre sous mes doigts l'accord accoutumé.
Où l'amour n'est plus roi, que la chanson expire !
Adieu, sonore écho de mon trop long délire,
Tout chemin au bonheur m'est à jamais fermé.

Adieu, soleil, adieu, jeune et brillante année ;
Ciel et terre, fêtez votre ardent hyménée,
Chantez, oiseaux de l'air, sur la nature en fleurs.
Et vous, flots... recevez Sapho l'infortunée.
Adieu, soleil, adieu, jeune et brillante année.
Conduis-moi, blanche mort, au grand repos du coeur.

Elle était jeune encore, elle était encor belle,
Sapho l'infortunée, et Lesbos autour d'elle
Avait fête à l'entendre, avait fête à la voir ;
Mais un dédain d'amour est blessure mortelle,
Elle était jeune encore, elle était encore belle,
Un orage à midi la fit douter du soir.

Adieu, soleil, adieu, jeune et brillante année;
Ciel et terre, fêtez votre ardent hyménée,
Chantez, oiseaux de l'air, sur la nature en fleurs.
Et vous, flots... recevez Sapho l'infortunée.
Adieu, soleil, adieu, jeune et brillante année.
Conduis-moi, blanche mort, au grand repos du coeur.

Elle était jeune encore, elle était encor belle,
Sapho l'infortunée, et Lesbos autour d'elle
Avait fête à l'entendre, avait fêle à la voir;
Mais un dédain d'amour est blessure mortelle,
Elle était jeune encore, elle était encore belle,
Un orage à midi la fit douter du soir.

Acqui, mai 1861.

 

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