Sapho de Lesbos, dixième Muse in Civilisation Grecque par André Bonnard (1957)

 
 

Sapho est un pays étrange, plein de merveilles. Une « énigme », une « merveille », disaient déjà les anciens . L’expression est fort juste dans sa simplicité : une énigme, le mot s’applique à la fois à sa vie et à sa personne diversement interprétées. Une énigme, une merveille : combien mieux encore il s’applique à sa poésie, toute mutilée qu’elle soit.

· * * *

Sapho présidait à Mytilène de Lesbos, vers l’an 600, une confrérie de jeunes filles consacrée à Aphrodite, aux Grâces et aux Muses. Elle appelle sa maison « la demeure des servantes des Muses ». On dira plus tard, chez les Pythagoriciens puis à Alexandrie, un « Musée ». L’institution de Sapho n’est pas autre chose qu’une « école » placée sous le patronage de divinités féminines de l’amour, de la beauté et de la culture.
Que cette école ait eu la forme d’une confrérie religieuse n’est pas un fait à négliger. La communauté du culte établissait entre les jeunes filles et leur éducatrice des liens très forts. La poésie de Sapho est, en un sens, une poésie de l’amour mutuel que se portaient en Aphrodite les fidèles de la déesse. Cependant, il ne faudrait pas croire que le but proposé par Sapho aux jeunes filles dont elle avait la garde fût la consécration à la divinité. Sapho n’était nullement prêtresse d’Aphrodite . L’association cultuelle est à cette époque la forme naturelle de toute maison d’éducation. Les anciennes écoles de philosophie, les premières écoles médicales sont aussi des confréries religieuses. Il n’en résulte pas qu’elles aient formé des prêtres d’Asclépios. Mais de même que les médecins instruisaient les fidèles de ce dieu dans l’art de guérir, Sapho tentait, aidée par la déesse, d’enseigner aux jeunes filles de Mytilène un art de vivre – l’art d’être femmes.
On cultivait beaucoup la musique, la danse et la poésie dans le cercle de Sapho. Cependant la maison des Muses n’est pas plus un conservatoire ou une académie qu’elle n’est un séminaire. Les arts ne sont pas enseignés pour eux-mêmes, encore moins pour en faire profession. Il s’agit pour Sapho d’aider les jeunes filles qui vivent avec elle – par cette vie partagée, par la pratique des arts, par la dévotion à Aphrodite, par le culte des Muses – à réaliser, dans la société où elles prendront bientôt leur place, un idéal de beauté féminine que ces déesses qu’elles honorent ont les premières incarné.
Ces jeunes filles se marieront. Mariée elle-même et mère de famille – mère d’une fillette qu’elle compare à une brassée de boutons d’or – c’est tout simplement au mariage, accomplissement de la femme dans la joie et dans la beauté, que Sapho préparait les jeunes filles qui lui étaient confiées.
Cela implique que la condition de la femme était à Lesbos fort différente de ce qu’elle était dans la plupart des autres cités grecques. Cet ouvrage y reviendra.
Une chose est certaine : la femme, à Mytilène, anime la vie de la cité de son charme, de ses toilettes, de son esprit. Le mariage la fait entrer, comme dans tout le pays éolien (on se rappelle Andromaque), de niveau dans la société des hommes. Elle participe à la culture musicale et poétique de son temps. Elle rivalise avec les hommes dans le domaine des arts. Si les mœurs éoliennes réservait une telle place à l’épouse, il n’est pas étonnant qu’elles aient du même coup exigé des écoles où les jeunes filles se formaient à ce rôle qu’on attendait des femmes.
Instruites par leur aînée, les élèves des Muses se préparent à incarner un jour, dans la cité de Mytilène, les perfections d’Aphrodite. L’éclat de la beauté féminine éclaire toute la poésie de Sapho. La femme, selon Sapho, doit avoir le visage baigné de mouvantes lueurs. Ses yeux sont emplis de grâce, sa démarche inspire le désir. La fin de la culture, c’est la conquête de la beauté. Attentive aux présents et aux leçons d’Aphrodite, qui est son guide et son modèle, qui lui apprend à aimer les fleurs et la mer, qui lui révèle le charme du monde sensible et avant tout l’enivrante beauté du corps féminin, l’adolescente croît en noblesse et en grâce, la beauté exalte ses traits, la beauté la rend heureuse et répand sur toute sa personne cette profusion de joie que Sapho salue comme une lueur stellaire.
Dans un climat de fêtes renouvelées, les jeunes filles menaient, sous le regard de la déesse dont elles pressentaient le pouvoir prochain sur leur vie, une existence à demi monacale, rigoureuse et fervente à la fois, mais où leurs pensées, au lieu d’être dirigées vers le célibat, étaient inclinées vers la rencontre de l’époux. La culture poétique que Sapho leur inculquait dans les strophes brûlantes où elles disait la toute-puissance d’Aphrodite et que le chœur des adolescentes chantait à l’unisson, était ce que les anciens appelaient une « érotique », une culture de l’amour. A côté de leur aînée, que dès longtemps habitait Aphrodite, dans la joie et la douleur, les jeunes filles lentement s’initiaient à leur vocation de femmes. Elles commençaient à sentir bouger en elles à la fois le cœur et le sens et, si leur destinée les y appelait, elles s’éveillaient à la passion.
Quelles relations d’ardente amitié une telle éducation – ce ciel de feu où régnait Cypris – a pu faire naître entre Sapho et ses amies, c’est ce que nous dit sa poésie. Car c’est en poésie que se libère cette âme solitaire, en présence de la beauté qu’elle a fait naître et grandir autour d’elle.

· * * *

« Je le vis : je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler.
Je sentis tout mon corps et transir et brûler.
»

C’est en ces vers d’un prix sans égal que Racine, après d’autres, nous fait entendre – et cette fois du moins en notre langue – un écho du plus cruel poème de Sapho.
Voici de ce poème une traduction littérale, ou peu s’en faut, dans la mesure où la clarté française le supporte.

« Il me paraît égal aux dieux
celui qui, face à face,
assis tout près de toi,
entend ta voix si douce,

et ce rire charmant qui, je le jure,
dans ma poitrine affole mon cœur.
Sitôt que je te vois, ne fût-ce qu’un instant,
Aucun son ne passe plus mes lèvres,

Mais ma langue se sèche,
Un feu subtil court soudain sous ma peau,
Mes yeux ne voient plus rien,
Mes oreilles bourdonnent,

Je ruisselle de sueur,
Un tremblement me saisit toute,
Je deviens plus verte que l’herbe,
Il me semble que je vais mourir... »


Nous voici dans le cercle de la passion. Eros est souverain. Le désir frappe, et Sapho compte les coups.
Ce poème est le récit d’un combat. Attaquée par Eros dans sa chair, Sapho voit s’effondrer un peu plus à chaque assaut l’assurance qu’elle mettait dans les diverses parties de son mécanisme vital. Toutes les sensations qui nous relient au monde, qui nous rassurent sur notre existence, les images, les sons, le rythme régulier du cœur, l’afflux du sang coloré à notre visage, tout cela lui échappe à son tour. Elle assiste au dérèglement successif de ses organes, et il lui faut en quelque sorte s’affoler et mourir avec chacun d’eux. Elle meurt avec le cœur qui défaille, avec le gosier privé de son, avec la langue soudain sèche ; le feu se répand dans ses veines, les yeux refusent leur fonction, les oreilles n’entendent plus que le battement des artères, la chair tout entière se met à trembler, elle a déjà la lividité du cadavre... Cependant, ayant vue ses divers organes arrachés par la passion à leur office, ayant traversé ces morts organiques partielles, il lui reste à subir sa mort à elle. Le mal qui l’envahit n’a plus en face de lui, dans la conquête progressive de son être, que la pure conscience du moi, privée de ses appuis naturels : il la submerge à son tour. Le sujet prend la connaissance paradoxale de son état de mort (un « peu s’en faut » écarte l’absurde de justesse). Le dernier vers intact dit exactement :


« Peu s’en faut que je me sente morte... »


Nulle part l’art de Sapho n’est plus dépouillé que dans cette ode. Nulle part sa poésie plus étrangement physiologique. Des faits, rien que des faits. Rien que la notation précise, rigoureuse des effets physiques du désir. Très peu d’adjectifs dans ces vers – de ces adjectifs qui savent si bien, dans la lyrique amoureuse, draper sur le phénomène physique des plis sentimentaux. Ici partout des verbes et des noms : un art de choses et d’événements.
La part de l’âme est quasi nulle. Le corps pourrait appeler l’âme à son aide, rejeter sur elle le fardeau de sa souffrance. Il suffirait à Sapho de se réfugier dans quelque alibi affectif de sa souffrance physique, jalousie, haine ou tristesse de la séparation. La douleur morale tient lieu de morphine. Les circonstances se prêtaient à cette évasion. Un philologue a décelé, à l’origine de ce poème, le départ d’une amie qui abandonne la maison des servantes des Muses pour se marier. Celui que les premiers vers montrent assis, à côté de l’objet de la passion de Sapho, est sans doute le fiancé. Mais le poème ne sait rien de la douleur de l’adieu. Sapho ne couve pas complaisamment dans son cœur ce tendre sentiment. Elle ne s’enivre pas de chagrin pour oublier son supplice. La souffrance de son corps l’occupe seule et tout entière. Elle ne connaît de son amour que cet orage assourdissant et aveuglant déchaîné dans sa chair.
Sapho n’a rien à cacher : son art est droiture et candeur. Il est vrai. Elle ne rougit d’aucun des phénomènes dont sa personne est le siège. Elle dit : langue et oreilles ; elle dit : sueur et tremblement. Cet art est aux antipodes de l’agréable : il n’est pas agréable d’être en sueur. Sapho ruisselle : elle n’en a pas honte, elle n’en tire pas gloire, elle le constate.
Sapho ne décrit pas non plus l’objet de son désir. Il reste hors de notre prise : seuls sont notés, d’un mot et avec une exactitude qui ne bronche pas, les événements dont il est le principe. Mais à quoi donc aboutit l’action dramatique engagée ici ? A une seule chose qui ne laisse aucun doute : la destruction de l’être par la passion.
Un feu brûle devant nous dans le noir. Le poète le situe au cœur d’une large zone d’obscurité. Rien, dans son art, ne nous détourne de sa flamme – aucun sentiment quel qu’il soit, aucune description de l’objet aimé – afin qu’il brûle solitaire et vainqueur, accomplissant son œuvre de mort. Cette clarté ceinte de ténèbres, c’est la passion de Sapho.

· * * *

L’historien de la littérature peu ici s’émerveiller : il touche à un commencement absolu. Euripide, Catulle, Racine ont parlé de l’amour avec l’accent de Sapho : Sapho, avec l’accent de personne. Elle est neuve, entièrement.
On prête en vain l’oreille à d’autres voix plus anciennes de l’amour.
Andromaque à Hector :

« Hector, tu es mon père, ma mère, mon frère ; tu es mon mari plein de jeunesse... »
Pâris à Hélène :
« Femme, couchons-nous sur la terre et goûtons l’amour. Jamais encore le désir ne m’a pris, pas même le jour où, t’ayant ravie de la belle Sparte, je m’unis à toi sur le lit rocheux d’un îlot. Davantage encore je t’aime et je te désire aujourd’hui... »
Archiloque de Néoboulé :
« Sa chevelure ombrageait ses épaules et son dos... Avec ses cheveux noyés de parfum et son sein, elle aurait donné de l’amour à un vieillard... »
Mimnerme songeant à Nannô :
« Quelle vie, quels plaisirs sans la blonde Aphrodite ? Ah ! Que je meure quand ne me toucheront plus ces douces choses, présents de miel, couche amoureuse – ravissantes fleurs de la jeunesse ... ! »
On songe à ces voix diverses de l’amour. Chacune d’elles a son accent propre. Mais comme la résonance de Sapho est, entre toutes, étrangement distincte ! Ni la tendresse d’Andromaque, ni l’ardent appel à la volupté de Pâris à Hélène méprisante, ni le regard droit, hardi et retenu, qu’Archiloque lève sur Néoboulé, ni la mélancolie de Mimnerme qui se souvient de Nannô. Non, c’est Sapho seule. Sapho brûlante et grave.
Brûlante. Jamais Eros jusqu’ici n’a brûlé. Il a échauffé les sens, il a réchauffé le cœur. Il a porté au sacrifice, à la volupté, à la tendresse, au lit. Il n’a jamais brûlé, il n’a jamais détruit. A chacun de ceux qu’il habitait, il donnait quelque chose – le courage, le plaisir, la douceur des regrets... A Sapho seule, il ne donne rien, il retire tout.
Un dieu privé de sens. « Invincible » et « insaisissable », dit à la fois un des mots qu’elle lui applique ailleurs. On ne peut rien pour le prendre au piège. L’Amour déconcerte autant qu’il décourage. Il unit les contraires : sa douceur est amertume. L’imagination ne se le peut représenter. Dans l’œuvre de Sapho, où rayonne la figure d’Aphrodite, Eros ne trouve à revêtir aucune forme humaine. Le robuste adolescent, le sûr archer n’apparaissent pas dans les vers conservés. On dirait que le type n’en est pas encore inventé (ce qui n’est pas sûr). Disons plutôt que Sapho ne peut choisir de le figurer ainsi. Eros n’est pour elle qu’une force obscure qui s’insinue dans les membres et les « défait » : elle ne le saisit qu’à travers le supplice qu’il inflige à son corps et sa pensée peine à lui découvrir un visage. Invisible et secret, l’être qui l’habite ne s’exprime que métaphoriquement. Les images qui lui donnent vie poétique décèlent sa nature insidieuse et brutale. Elles sont empruntées aux forces aveugles du monde physique ou à la démarche inquiétante de la bête.
« De nouveau Eros qui dissout les membres me torture, doux et amer, montre invincible. »
Mais toute traduction s’écrase ici sous le poids trop lourd des mots. Un seul adjectif enferme la douceur et l’amertume d’Eros, dénonçant ainsi la nature incompréhensible du dieu. Le mot traduit par « monstre » signifie la bête qui rampe. L’Amour de Sapho n’a lequel échouent les « machines »), on y sent palpiter en grec l’impuissance de l’homo faber à réduire cette force indomptée. Les mots rendus par « monstre invincible », mis en vieux langage français, donneraient a peu près : Eros, « bête qu’on n’empiège pas ».
Bête rampante, être monstrueux, force impérieuse autant qu’impensable, tel est Eros cheminant dans les membres de Sapho.
Cette autre métaphore encore, empruntée à l’empire des forces naturelles :
« Eros a ébranlé mon âme, comme le vent de la montagne qui s’abat sur les chênes. »
L’expérience que Sapho fait de l’amour est celle d’un ouragan, qui la laisse abattue, gisante, sans qu’il y ait rien à comprendre. L’âme de Sapho est menacée d’être, par cette force privée de sens, déracinée.
Redoutable à l’homme comme la bête ou l’orage, la passion ne se fait connaître à celui qu’elle terrasse que comme un dieu destructeur...
... Et pourtant, ce climat d’orages, Sapho l’affronte. Au delà des régions des tempêtes, Sapho réserve en elle un ciel d’une inaltérable sérénité. Ce cœur désolé, un rêve d’or l’habite.

· * * *

Toute passion a un objet. Le plaisir ou la douleur dont elle nous transperce nous élance vers cet objet ou nous en éloigne. Nous nous livrons à la souffrance comme à la nuit qui nous rendra le jour.
Mais quel est donc l’objet de la passion de Sapho ? Cette recherche nous engage dans la région la plus mystérieuse de sa poésie. La plus inexplorée aussi, malgré les hypothèses grossières dont l’antipoésie (j’entends une certaine philologie) a semé cette route.
Il ne s’agit nullement en effet de préciser le nom ou le sexe de cet objet. Ce que Sapho ne nous livre pas, ce que nous n’apprenons parfois que par le hasard d’un genre (quand le zèle d’un philologue pour la vertu ne corrige pas la terminaison révélatrice), nous n’avons pas à le traquer au delà du texte et comme par effraction du texte. Alors que ce texte, en nous parlant de lui-même, nous découvre des horizons poétiques bien plus vastes que les considérations historiques que nous tirerions de la connaissance d’un état civil et de la constatation d’une perversion de la sexualité.
Qu’y a-t-il donc dans cet objet qui se propose à la passion ?
Relisons quelques vers du poème déjà longuement analysé :

« ... entend ta voix si douce
et ce rire charmant
qui fait que mon cœur s’affole...
»

Rien d’autre, rien de moins. Un son qui vient frapper l’oreille, il n’en faut pas davantage pour embraser le corps et l’âme.
« Dès que je t’aperçois, l’espace d’un instant... »
De l’objet aimé, il suffit de la perception la plus fluide, celle du son, ou il suffit d’une image à peine entrevue, pour déchaîner la passion dans toute son étendue.
L’opposition est saisissante entre l’exiguïté de la cause et l’intensité de l’effet. Aussi vastes sont les espaces de passion que parcourt ce poème de Sapho, aussi limitée la vue qu’elle nous donne de son objet. Nous connaissons tout de sa souffrance, nous l’épuisons membre par membre. Nous ne connaissons de ce qu’elle aime que cet aspect singulier de la voix et du rire. Non décrit, l’objet nous impose son autorité. « Quoi ! dira-t-on, tant de souffrance pour si peu de chose !... » Mais nous savons qu’il ne s’agit pas de peu de chose.
Dans tous les fragments de Sapho où s’exprime la passion, pour peu que leur étendue ou leur densité permette d’y entrevoir le processus de la création poétique, c’est toujours à l’opposé de toute démarche descriptive, de toute énumération des qualités de l’objet aimé que naissent le mouvement passionnel et la poésie qui le fait connaître. Chaque fois, il faut et il suffit qu’un seul trait de la personne aimée fasse entendre son appel, et tout l’être est bouleversé. Au sein de ce désarroi, en réponse à cet appel jaillit alors la source poétique.
L’appel, c’est un simple geste qui le donne, c’est la démarche d’une absente, c’est l’éclat d’un visage disparu, c’est la délicatesse d’une gorge, c’est un front couronné de fleurs, c’est la grâce d’un bras qui se lève. Ce peut même être l’absence de grâce :

« Atthis, voici longtemps que je t’aimais,
tu n’étais pour moi qu’une enfant petite et sans grâce.
»

Il suffira du départ de cette enfant sans grâce, qui quitte la maison de son amie pour l’école rivale d’Andromède, pour provoquer l’éclat de passion déjà cité, mais qu’il faut ici rapporter à son objet :

« De nouveau Eros qui dissout les membres me torture,
doux et amer, monstre invincible,
ô Atthis ! Et toi, lasse d’attacher à moi
ton souci, tu t’envoles vers Andromède.
»

Ainsi la passion et la poésie de Sapho obéissent à des appels ténus, à ce qu’on peut appeler des « signes ». Cette poésie des signes – ce symbolisme au sens premier du mot – est aux antipodes de la poésie descriptive. Un signe n’est pas un signalement. La poésie descriptive participe toujours un peu du style des passeports. Enumérant les traits d’un visage, passant en revue les éléments d’un paysage, il lui arrive d’oublier que les personnes et les choses se manifestent plus essentiellement à nous en un geste imprévu, en un aspect accidentel que par l’analyse de leurs éléments. Le timbre de la voix, le souvenir d’une démarche perce Sapho amoureuse de souffrance et de plaisir. De tels signes assurent à l’amant que l’amante est irremplaçable. Et c’est pourquoi ils peuvent aussi la lui donner tout entière. La présence totale obéit à l’appel du signe particulier. Le signe nous lie à l’objet, il nous assujettit à lui. Cet assujettissement fait notre plaisir.
Rien d’ailleurs n’augmente plus que l’absence le pouvoir de l’objet aimé sur l’âme de Sapho. Elle écrit :

« Aujourd’hui personne ne se souvient plus
d’Anactoria absente.
Ah ! j’aimerais contempler sa démarche ravissante
Et l’éclat éblouissant de son visage...
»

Anactoria est absente. Deux images d’elle viennent frapper l’amante-poète. Des images volent autour d’elle, comme un essaim. Mais un poète n’est pas un enregistreur d’images. Une seule ou peu d’entre elles le percent de leur dard. Images désormais élues. Images qui offrent à l’amante – au poète – l’être qu’ils désirent Deux images donnent Anactoria à Sapho. Une démarche ravissante (ou « désirable ») ; un visage étincelant de la lumière mobile des étoiles, un visage d’un éclat stellaire.
Deux signes : et l’absence de l’amie devient présence...
Il est des nuits où l’appel de l’absente se fait plus étrange, plus mystérieux. Dans le silence nocturne, quand se tait la réalité sensible, quand s’alourdissent de regrets et de désirs la chair et l’âme repliées sur la couche solitaire, voici qu’une voix – à la fois une voix et une lumière – s’approche par ondes insaisissables cherchant sa route au cœur de l’obscurité. Pour l’apercevoir à travers l’espace, les sens aveugles semblent palper l’ombre et se tendre à l’aigu vers l’objet bien-aimé.
Arignota a vécu jadis à Mytilène, parmi les jeunes filles que dirigeait Sapho. Elle s’est éprise de la tendre Attis, qui fut une autre amie de la poétesse. Puis elle a quitté celles qu’elle aimait, pour aller vivre en Lydie sur l’autre rive de la mer. Sapho partage la souffrance d’Atthis, à qui elle adresse son poème ; elle lui rappelle les joies de la vie partagée avec Arignota ; elle écoute avec elle la voix de l’amie disparue qui, de Sardes au delà des flots, cherche à les atteindre. Ce poème est, par la nature même des émotions qu’il exprime, très délicat à interpréter.


Souvent, dans la lointaine Sardes,
la pensée de la chère Arignota, ô Atthis,
vient nous chercher jusqu’ici, toi et moi.
Au temps où nous vivions ensemble,
tu fus vraiment pour elle une déesse,
et de ton chant elle faisait ses délices.
Maintenant, entre les femmes de Lydie,
elle brille, comme après le coucher du soleil
brille la lune aux rayons roses,
parmi les étoiles qu’elle efface.
Elle répand sa lumière sur les flots marins,
elle éclaire les prés en fleurs.
C’est l’heure où tombent les belles gouttes de rosées,
où renaissent la rose, la délicate angélique
et le parfum du mélilot.
Alors dans ses longues courses errantes,
Arignota se souvient de la douce Atthis,
l’âme lourde de désirs, le cœur gonflé de chagrins.
Et là-bas son appel perçant nous invite à la rejoindre,
et la nuit aux subtiles oreilles.
cherche à transmettre au delà des flots qui nous séparent
ces mots qu’on ne comprend pas,
cette voix mystérieuse...


On hésite à toucher à un tel poème. Comment retenir cette eau dans les filets d’un commentaire ? Et pourquoi ? Sinon pour essayer de savourer deux fois son plaisir.
Le poème est lié, comme d’autres de Sapho, au silence de la nuit et à la lumière des astres. Dans l’obscurité, les reflets lumineux prennent une valeur plus grande, le sens de l’ouïe atteint à plus d’acuité. En même temps le monde intérieur des souvenirs, des regrets, des désirs, libéré par le silence nocturne, accorde un sens secret aux sons et aux lueurs perçus. La lune s’est levée dans la mer de Mytilène, elle semble une forme rose surgie de la terre d’Asie. Est-ce la lune . Est-ce un signe d’Arignota ?...
Une lumière se répand sur les flots et les prés. Est-ce la clarté de la lune ? Où est-ce l’éclat de la beauté de l’amie ? L’un et l’autre. C’est comme si la pensée du poète soudain balançait devant ce rêve lunaire... Il semble que Sapho voie monter dans le ciel un fantôme qui vient jusqu’à ses pieds toucher les fleurs de son jardin. L’image un instant s’attarde parmi ces fleurs qui reprennent vie dans la fraîcheur du matin.
Puis tout à coup l’image s’efface et cède la place à une autre image plus précise, plus impérieuse. L’appel du reflet devient l’appel d’une voix. Un cri s’élève, aigu comme les cris des songes. Car c’est bien dans le climat du songe que baigne le poème. D’étranges paroles cherchent à franchir l’espace et en même temps à percer d’une zone insonore qui isole le rêveur. Arignota parle. Elle est lourde du désir d’Atthis, lourde de regrets. Elle appelle avec des mots, et qui ont un sens précis, indiscutable : ils ordonnent à Atthis et à Sappho de rejoindre Arignota. Cependant – et c’est ici que le caractère onirique du poème est le plus frappant – si le message que transmettent les mots prononcés est certain, en tant que mots « on ne les comprend pas », ils sont imperceptibles, « mystérieux » ; c’est comme s’ils étaient chargés d’un sens second, douloureusement inaccessible. L’oreille se tend dans la nuit pour les saisir, ou plutôt la nuit elle-même se fait oreilles pour les entendre et les transmettre : elle n’entend résonner que l’incompréhensible...
On voit, dans ces vers, la poésie de Sapho se détacher de la réalité, à laquelle elle semblait étroitement collée dans le poème de sa torture physique, et s’installer dans le rêve. Et c’est l’absence de l’amie, c’est l’éloignement de l’objet aimé qui permet à ce transfert de s’opérer. Les êtres qui se meuvent dans le monde poétique où elle nous fait accéder existent à la façon inexprimable des êtres qui peuplent nos songes. Rien de confus en eux. Le sentiment qu’ils nous donnent de leur existence est au contraire d’une extrême netteté. Ils sont même comme chargés d’une présence plus certaine que celle des êtres ordinaires. Le message qu’ils nous adressent n’est nullement équivoque. Cependant ce sentiment si fort que nous avons de leur réalité est presque entièrement détaché des perceptions qui généralement nous certifient l’existence des objets. S’ils empruntent pour se faire entendre le langage des sens, s’ils se font voir et s’ils nous parlent, cette apparence sensible est comme une sorte de déguisement, et ce n’est pas ce déguisement qui nous les fait reconnaître et comprendre. Arignota n’est pas reconnue et entendue par la forme lunaire qu’elle revêt et par les paroles incompréhensibles qu’elle prononce. C’est au delà du langage des sens qu’elle est saisie. La poésie de Sapho paraît ici accomplir ce miracle de nous faire toucher, hors du monde sensible, à ce qu’on serait tenté d’appeler des présences pures. (Mais cette expression n’a sans doute aucun sens.)
Une chose cependant commence à s’affirmer – une réalité nouvelle que découvre la poésie de Sapho. Et c’est d’abord ceci : la lutte et le silence sonore de la nuit sont à la fois distincts d’Arignota et des rayons lunaires, de l’amie et de la voix de l’obscurité qui est le cœur profond de la poésie de Sapho. Plus exactement, c’est le lieu géométrique de ces points de sensibilité – Arignota et le monde nocturne – qui constitue le véritable objet de la passion de Sapho.

· * * *

Lisons encore quelques fragments.

« La lune s’est couchée, et les Pléiades.
Il est minuit. L’heure passe, et je dors seule.
»

« Les étoiles autour de la lune radieuse
voilent de nouveau leur clair visage,
lorsque, dans son plein, elle illumine la terre
de son plus vif éclat.
»

« La lune brillait dans sa splendeur
et les vierges, debout autour de l’autel...
»

« Les jeunes filles ont passé la nuit devant ta porte,
chantant, ô époux, ton amour et celui de l’épouse,
dont le sein a l’odeur des violettes.
Maintenant, éveille-toi, voici l’aube.
»

« Les ailes de la cigale font entendre son chant sonore ;
sa flûte chante la chaleur du jour qui s’abaisse.
»

« Ainsi jadis les Crétoises, au son de la musique,
dansaient à pas gracieux autour de l’autel charmant,
foulant la fin et frêle fleur de l’herbe.
»

« Il s’est refroidi le cœur des colombes,
et leurs ailes défaillent.
»

« Et tant d’enivrantes guirlandes
tressées autour d’un tendre col...
»

« O Dicé, ceins de guirlandes les boucles de tes cheveux charmants,
tresse les tiges d’angéliques de tes tendres mains,
Les déesses bienheureuses comblent de grâces les prières fleuries,
elles se détournent d’un front sans couronnes.
»

« Je possède une jolie petite fille, pareille
à un bouquet de fleurs d’or, ma Cléis chérie,
que je donnerais ni contre toute la Lydie
ni contre l’aimable...
»


Les poèmes de noces de Sapho, ces hyménées que chantaient les jeunes filles de son école, aux fêtes de la ville et des villages voisins, et dont cette étude n’a pu parler, déjà nous auraient avertis ; les aspects aimables de la nature ont ému Sapho ; le mystère des arbres et des bêtes l’atteint au plus profond d’elle-même. Ainsi :

« Etoile du soir, tu ramènes tout ce que l’aurore claire a dispersé ;
tu ramènes la brebis, tu ramènes la chèvre –
voici qu’à la mère tu enlèves son enfant.
»

Ou encore :

« Pareille à la pomme douce qui rougit au bout de la branche,
au plus fin sommet de l’arbre – l’ont-ils oubliée les cueilleurs de pommes ?
Non, ils ne l’ont pas oubliée, mais ils n’ont pas pu l’atteindre.
»

Ou bien :

« Charmante est ta beauté, épouse,
tes yeux ont l’éclat du miel,
l’amour s’épanche sur ton ravissant visage.
Aphrodite t’a comblée entre toutes.
»


La nature est partout dans les poèmes de Sapho. Le spectacle de la nuit étoilée, la vue d’une branche agitée par le vent ont éveillé dans son âme des échos qu’aucune autre âme grecque n’a rendus. Après elle, ni Aristophane, si larges que soient les accents du concert où il engage les cygnes sur les rives de l’Hèbre et les Muses dans l’Olympe, le rossignol dans le buisson et l’oiseau sur la branche du frêne, ni Théocrite, poursuivant de sa nostalgie de citadin un rêve doré de vacances champêtres, n’ont touché à ces fils ténus qui relient inexplicablement le monde des arbres et des bêtes, de la mer et des vents à celui des désirs du cœur. A peine ce dernier poète, dans les Magiciennes, à peine Euripide, toujours à la pointe la plus moderne de la poésie des anciens, dans la peinture du supplice de Phèdre, entrevoient-ils l’existence de cette liaison. Encore faut-il remarquer qu’il s’agit là de poèmes qui l’un et l’autre se souviennent de Sapho.
Avant elle, il y a, comme toujours à la source de toute poésie grecque, l’inépuisable génie du poète de l’Iliade. Homère certes a aimé la nature. Il faut plutôt dire qu’il l’a connue, qu’il l’a percée à jour dans ses lois inflexibles, dans son ordre essentiellement étranger à l’homme. La nature homérique – abîmes marins, durs rochers, orages retentissants – cette nature toute peuplée de dieux est, malgré ces divinités à forme humaine où s’exprime le foisonnement de la vie, non seulement hostile mais impénétrable à l’homme. Foncièrement inhumaine, le cœur de l’homme ne s’y peut attacher, n’y peut aucunement chercher de consolation ou simplement d’écho aux tourments qui l’habitent.
Chez Sapho au contraire la nature, toute dépeuplée qu’elle est de figures mythiques, se charge soudain de présences, et de présences amies, sensibles aux mouvements de l’âme.
Sapho veille dans la nuit, seule avec sa passion :


« La lune s’est couchée, et les Pléiades...
... et je dors seule.
»


La lune se couche, les astres familiers disparaissent, l’heure passe... Mais non, Sapho n’est pas seule, puisque précisément il lui reste la nuit. Présence de la nuit et des étoiles, présence des fleurs et des chants d’oiseaux, présence des tendres chairs adolescentes – présence de toute la beauté obscure et fleurie du monde – nous commençons à entrevoir, au delà des espaces désolés de la poésie passionnelle, de nouvelles régions poétiques où le commerce de la nature va rendre le poète à la joie.
Le désert enfin s’est peuplé. Voici maintenant l’Amour évoqué parmi les roses et les étoiles, au cœur de la splendeur du monde. La poésie de Sapho, par delà l’amertume, goûte la douceur d’Eros. Ce dieu qui la torture, elle l’a placé au centre d’un cercle magique. La passion durement affrontée, la cruauté du désir mis à nu, sa poésie les conjure par l’enchantement des présences naturelles. Eros est couronné de fleurs. Certes, ceint de guirlandes, il n’apparaît pas moins cruel. Du moins sa cruauté est parée de beauté. La poésie de Sapho se fait maintenant plus attentive : la Nature et l’Amour s’écoutent...
Nous sommes au seuil du mystère. Cette force obscure qui brisait les membres et la vie, la voici qui soudain se change en délices. Le désir de l’énigmatique présence-absence, le désir de la jeune fille implorée dans le secret du cœur, le voici comblé de gestes fleuris, de danses gracieuses, de musique, de jeux innocents. La chair est lourde dans la nuit solitaire. Il vient une heure où, dans la beauté de l’ombre constellée, elle achève de se consumer. Le feu qui la brûlait se convertit en lumière. Liée à la paix nocturne, au scintillement des astres, l’image de l’absente soulève maintenant le poids de la chair et tourne en brusque ravissement la longue inquiétude d’Eros. Chant des oiseaux, éclat des fleurs, froissement des branches, douceur des yeux, grâce des corps : autant de réponses à l’appel du désir. La beauté que tu cherches, je te la donne. La poésie devient enfin plénitude de l’âme, et c’est comme si le son fondamental de sensualité qu’elle rendait , soudain se résolvait magiquement dans les harmoniques de chasteté qui l’accompagnaient, déjà sensibles au cœur même de la sensualité.
L’œuvre de la poétesse de Lesbos est le lieu d’une rencontre? La nature et l’amour s’y joignent et s’y pénètrent. En un même mouvement poétique se mêlent la fraîcheur du monde et la brûlure de l’amour.

« Tu es venue, tu as bien fait ; je te désirais.
Telle une eau, tu as jailli dans mon âme incendiée par le désir.
Salut, ô Gyrinna, d’un nombre de saluts égal à la durée...
»

· * * *

Sapho a saisi et exprimé les correspondances qui unissent en nous la nature à l’amour. L’émotion qu’elle reçoit de la beauté du monde extérieur et la tendresse qu’elle éprouve pour ses amies sont engagées et comme tissées dans la même étoffe poétique.
On en jugera mieux encore dans ce fragment un peu plus long, où, si abîmé que soit le papyrus qui nous l’a rendu, retentissent ensemble le plaisir que donnent les fleurs et la mélancolie qui s’attache aux amours qui nous quittent.

« La voilà donc partie à jamais ;
et sans mentir je voudrais mourir.
Elle m’a quittée, pleurant à chaudes larmes,
et disant : « Hélas ! Sapho, quel sort cruel !
Je te jure que c’est malgré moi que je te quitte. »
Et je lui répondais : « Pars joyeuse,
et souviens-toi de moi.
Car tu sais combien je t’aimais.
Si tu l’as oublié, je veux te rappeler
toutes les heures douces et belles
qu’ensemble nous avons vécues,
toi qui, à côté de moi, disposais
sur tes cheveux tant de couronnes
de roses, de violettes et de safrans mêlés !
Et tu nouais autour de ton tendre col
d’enivrantes guirlandes de fleurs ravissantes.
La myrrhe en abondance, précieuse essence,
digne d’un roi, parfumait ta tête bouclée...


En un tel poème, Sapho semble avoir capté les ondes invisibles qui vont et viennent du monde à notre cœur, de notre cœur au monde. Car la poésie sait aujourd’hui – ce que la chimie sait aussi d’une façon différente – qu’entre notre être et le monde il y a affinité de substance.

Là est la découverte poétique propre de Sapho, celle qui permet de voir en sa poésie une préfiguration de la poésie moderne. Le rêve poétique de Sapho participe à la fois des deux mondes qu’interroge l’esprit de l’homme – le monde que nous appelons extérieur et celui des sentiments qui s’agitent en nous. Tandis que la plupart des poètes anciens, s’il leur arrive d’évoquer la nature et d’exprimer l’amour, le font successivement ou parallèlement, comme si ces deux univers constituaient pour eux deux réalités différentes, Sapho sait que la conscience humaine et la nature physique sont une seule et même chose, identique dans sa substance comme dans ses propriétés, puisqu’il n’y a rien dans les mouvements de la passion qui ne soit sensible aux phénomènes de l’univers. Le monde du cœur, situé à la pointe la plus fine du monde naturel, en subit les larges oscillations et les répercute. Ces deux mondes, dans la poésie de Sapho, se pénètrent et parlent en même temps le même langage.
Quel est donc ce langage ? Et quel nom porte enfin cette unique réalité que Sapho cherche à connaître et tente de nous révéler ? Quel est l’objet dernier de sa passion ? Faut-il, après tant de citations, douter de sa nature, douter du lieu où se rencontrent, en cette poésie, les plans convergents du double aspect du réel ? Une figure est assise qui l’attend sur cette arête de l’être : Sapho s’élance vers elle comme vers la possession d’un bien sans prix. Cet objet qui la blesse et lui fait signe, et soudain se découvre à elle dans la grâce d’un geste ou l’éclat d’une fleur, de quel nom la nommer, sinon Beauté ?
Toute beauté créée émeut le désir de Sapho, et surtout cet entrelacs de beauté où se mêlent, dans la joie du soleil, la chair juvénile et les couronnes, la fleur du corps humain et les grâces de la nature, toute incarnation du beau dans la fragilité de l’adolescence et du printemps.

« J’aime la fleur de la jeunesse...
Un amour m’est échu en partage,
C’est l’éclat du soleil, c’est la beauté. »

in Civilisation grecque d'André Bonnard pp. 93 à 112, La Guilde du Livre Lausanne (1957).

 
	  

 

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