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Table
I - ESSAI BIOGRAPHIQUE
II - COMMENTAIRES
POÉTIQUES
III - TROIS
POÈMES
IV
- EXTRAIT DE MES MEMOIRES
V - NOS SECRÈTES AMOURS
Entre 1902 et 1905, Lucie Delarue-Mardrus écrivit
des poèmes
qui retracent sa liaison avec sa muse Natalie Clifford Barney.
Cette dernière
les fit éditer en 1951, de façon anonyme, aux éditions
Les Isles à 730 exemplaires dans un recueil intitulé Nos
secrètes amours. Dans mes mémoires,
(1938) la poète
et romancière y fait allusion.
SI
TU VIENS
Si tu viens, je prendrai tes
lèvres dès la porte,
Nous irons sans parler dans l'ombre et les coussins,
Je t'y ferai tomber, longue comme une morte,
Et, passionnément, je chercherai tes seins.
A travers ton bouquet de corsage,
ma bouche
Prendra leur pointe nue et rose entre deux fleurs,
Et t'écoutant gémir du baiser qui les touche,
Je te désirerai, jusqu'aux pleurs, jusqu'aux pleurs !
— Or, les lèvres
au sein, je veux que ma main droite
Fasse vibrer ton corps - instrument sans défaut -
Que tout l'art de l'Amour inspiré de Sapho
Exalte cette chair sensible intime et moite.
Mais quand le difficile et terrible
plaisir
Te cambrera, livrée, éperdument ouverte,
Puissé-je retenir l'élan fou du désir
Qui crispera mes doigts contre ton col inerte !
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FIN
J'ai porté ton amour
au coeur comme un couteau,
Il ne m'a pas laissé même de cicatrice.
La solitude en moi revient, dominatrice :
Peut-être t'ai-je aimée ou trop tard ou trop tôt.
Maintenant l'amitié,
plus triste que la haine,
Sans doute pour toujours nous unit sans frisson.
Tes yeux ne brûlent plus mon âme de garçon,
Et je te tiens la main sans plaisir et sans peine.
Mon désir s'était
pris aux fils de tes cheveux.
Mais ta proie est perdue, et plus rien ne t'en reste
Qu'une âme sans élan dans une chair sans geste.
L'amour est mort : demeure... Ou va t'en si tu veux.
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DU LOIN
Je ne pense jamais à
toi
Autant que dans les bras des autres.
Je leur jure à grands mots mon amour et ma foi,
Et, sans rire, j'entends leurs petits patenôtres.
Elles sont la douceur de la
lune de miel,
Mais toi mon souvenir mauvais, toi ma Rancune,
Aucune ne saura jamais, aucune,
Ton divin superficiel.
Elle ne veulent pas comprendre
que je joue,
Que j'aime simplement la rose de leur joue,
L'intelligence de leur corps,
Et que le reste m'est égal, si fort, si fort !...
Toi, chère blonde inexpliquée,
inexplicable,
Par laquelle je fus un enfant malheureux,
Tu jetas à jamais entre nous deux le câble
D'un seul de tes légers, ténus, si blonds cheveux.
Ce fil infini qui m'attache,
Quand les femmes m'ouvrent leurs bras,
Elles ne le voient pas et ne le savent pas...
— Mais toi, je ne veux pas non plus que tu le saches.
1902-1905.
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Amours par Lucie Delarue-Mardrus
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