Les notices sur Saphique, Saphisme, Sapho ou Sappho, Sapho, Tribadisme

dans le dictionnaire : Le Larousse du XXe siècle en six Volumes

Publié sous la direction de Paul Augé Paris Librairie Larousse (1933)

chez saphisme.com

 

Ci-dessous tous les articles du Larousse du XXe siècle en six volumes (1933) se rapportant à Sappho de Lesbos, au sapphisme et à l'homosexualité.

homéo ou homoeo - homo - Homo (Léon-Pol) - homosexualité - homosexuel, elle - Inversion - Inverti -Lesbiaque - Lesbie ou Lesbia - Lesbia - Lesbien ou enne - Lesbonax de Lesbos - Mytilène ou Metelin - Mytilène ou Metelin ou Castro - Saphique - Saphisme - Sapho ou Sappho - Sapho - Sapho - Sapho - Tribade - Tribadisme - Uranisme - Uraniste - Uraniste.


HOMÉO ou HOMŒO (du gr. homoios, semblable), ou HOMO (du gr. homos, semblable). Préfixes signifiant semblable, et entrant dans la composition d’un certain nombre de mots de science ou d’art. – (Voir HOMŒ ou HOMO, les mots commençant par ses préfixes, qui ne se trouvent pas ici.)


HOMO préfixe signifiant semblable V. HOMÉO.
- Spécialem. Chim. Préfixe servant à désigner un corps homologue d’un autre corps.


HOMO (Léon-Pol), historien français, né à Epernay en 1872, Membre de l’Ecole normale supérieure (1894), et de l’Ecole française de Rome (1897-1899), professeur à l’université de Lyon, il a écrit, outre de solides articles critiques : Lexiques de topographie romaine (1900) ; De Claudio Gothico, et Essai sur le règne de l’empereur Aurélien (1904) ; Expériences africaines d’autrefois et d’aujourd’hui (1914) ; La Rome antique (1921) ; Problèmes sociaux de l’Italie primitive et les Débuts de l’impérialisme romain (1925) ; Institutions politiques romaines : de la cité à l’Etat (1927).

HOMOSEXUALITÉ [sèk-su] n. f. Disposition des individus homosexuels.


HOMOSEXUEL [sèk-su-èl], ELLE adj. pris substantiv. (du préfixe homo, et du lat. sexus, sexe). Pathol. Individu, homme ou femme, qui n’éprouve d’affinité sexuelle que pour les personnes de son propre sexe. (Cette disposition morbide est considérée comme congénitale par l’école allemande, comme acquise et résultant surtout de la timidité ou d’états psychasthéniques par l’école française.) V. INVERSION sexuelle, et URANISTE.



INVERSION [vèr] n. f. (lat. inversio ; de invertere, retourner). Transposition, changement de l’ordre, habituel des mots dans une proposition, dans une phrase : Les poètes usent souvent de l’INVERSION.
- Chim. (...)
- Elect. (...)
- Géol. (...)
- Géom. (...)
- Mar. (...)
- Méd. Déviation d’un organe de sa position naturelle. || Inversion splanchnique, Anomalie par laquelle certains viscères sont placés en sens inverse, ou au moins considérablement déviés de leur position normale. || Inversion de l’utérus , Déformation grave de l’utérus dans laquelle le fond s’invagine en cul de bouteille à l’intérieur de la cavité du corps, et quelquefois se présente au col, et le franchit. || Inversion sexuelle, Etat d’un individu (homosexuel), homme ou femme, qui n’éprouve d’affinité sexuelle que pour une personne de son propre sexe.
- (...)

 

INVERTIR [vèr] v. tr. (lat. invertere) Renverser symétriquement : Les miroirs INVERTISSENT les objets.
- Inverti, e, part. pass. du verbe Invertir.
- Chim. Se dit du sucre dont le pouvoir rotatoire présente un signe contraire à celui du sucre primitif : Sucre inverti, Saccharose ayant subi l’inversion. On dit aussi INTERVERTI, E.)
- Substantiv. Personne qui éprouve une passion pour une personne du même sexe.

LESBIAQUE adj. Antiq. gr. Syn. de LESBIEN.


LESBIE [lèss-bî] ou LESBIA [lèss] n. f. Genre de colibris (trochilus), comprenant deux espèces de la Bolivie. (Les lesbies sont de jolis oiseaux-mouches à longue queue fourchue, à livrée brillant de vives teintes métalliques.)


LESBIE, maîtresse de Catulle, et, qui a inspiré au poète ses vers les plus passionnés. Tour à tour aimé et délaissé, Catulle lui prodigua les vers les plus tendres et les plus sanglantes épigrammes. On croit savoir que la Lesbie de Catulle est la Clodia Metella, soeur du fameux Clodius, tué par Milon sur la voie Appienne. Le dérèglement de ses moeurs, mis en pleine lumière par Cicéron dans le discours P. Celio Rufo, explique les invectives du poète.


LESBIEN [bi-in], ENNE, habitant ou natif de Lesbos : Les LESBIENS.
- Adjectiv. Relatif à cette île ou à ses habitants : Moeurs LESBIENNES. || Syn. de LESBIAQUE.
- Substantiv. Et au masc. Dialecte grec : Le LESBIEN est plus rude que l’attique.
- N. f. Syn. de TRIBADE.
- ENCYCL. Le lesbien, parlé dans l’île de Lesbos, appartient au groupe nord-est ou éolien des dialectes grecs. Il nous est connu par des inscriptions et par les poésies d’Alcée et de Sapho. Ses traits principaux sont : 1° une tendance à faire remonter l’accent tonique du mot le plus haut possible dans la limite de la loi des trois syllabes ; 2° la suppression de l’esprit rude (psilosis) ; 3° le développement de an, on, en devant s, en ai, oi, ei (lesbien ...., crétois....., attique .....).


LESBONAX de Mytilène, philosophe grec du Ier siècle de notre ère, élève du stoïcien Timocrate. Ses ouvrages sont perdus, sauf deux harangues : Sur la guerre aux Corinthiques et Exhortation aux Athéniens. Ce philosophe semble distinct d’un rhéteur et sophiste grec, du même nom et de la même époque, qui était l’auteur de lettres érotiques.


LESBOS [lèss-boss]. Géogr. anc. Ile grecque de la mer Egée, colonisée par les Eoliens (habit. Lesbiens). Aujourd. Mytilène. V. ce nom.


MYTILÈNE ou METELIN, île grecque de l’Archipel, toute proche de la côte turque de l’Anatolie, dont la séparent les deux canaux de Mouselim et de Mytilène ; superficie, 1.750 km2, peuplée de 147.000 hab. (Mytiléniens, ennes). Ch.-lieu Mytilène (Castro).
Cette île montagneuse (940 m. au mont Elias), et aux côtes ramifiées creusées par les deux golfes de Kalonia et d’Hiéra, commande l’accès du golfe turc d’Edremid. Elle produit du vin réputée, de l’huile d’olive, de la soie, qu’elle exporte par les petits ports de Mytilène, Kalonia, Sigri, etc. Mytilène est l’antique Lesbos, colonie éolienne, inféodée plus tard à la confédération de Délos, puis occupée successivement par la Macédoine, les Romains et les Grecs. Donnée aux Génois en 1355, elle fut prise un siècle plus tard (1462) par les Turcs qui l’ont gardée jusqu’en 1920. Après le traité de Sèvres qui la neutralisait, le traité de Lausanne l’a donnée sans conditions à la Grèce en 1928.


MYTILÈNE, METELIN ou CASTRO, ville insulaire de la Grèce, capitale de l’île homonyme ; 45.000 hab. Archevêché grec. Port actif sur le canal de Mytilène. Patrie des deux frères Barberousse.



SAPHIQUE [filk’] adj. Antiq. gr. Qui appartient à Sapho, à ses ouvrages ou à ses mœurs, à son genre de poésie ou de versification. || On appelle hexamètre saphique un vers épique n’ayant de spondée qu’à la première place et à la dernière. || Strophe saphique V. STROPHE ;
 — Substantiv. : Un SAPHIQUE. Un grand SAPHIQUE ;
 — ENCYCL. Métriq. anc. Le vers saphique, dont on attribue à Sapho, et qu’ont employé Alcée et Sapho en Grèce, Catulle et Horace à Rome, se compose de onze syllabes, réparties en deux trochées (dipodie trochaïque), un dactyle, un trochée et un trochée ou spondée (tripodie logaédique). Par l’introduction d’un chorïambe après la dipodie, on forme le grand saphique ou saphique majeur.

SAPHISME [fissm’] n. f. (du nom grec Sapho) Pathol. Forme de l’inversion sexuelle chez la femme, dans laquelle celle-ci ne réussit à satisfaire son instinct qu’avec une personne de même sexe. || Syn. TRIBADISME.

SAPHO ou SAPPHO, poétesse grecque, née à Erosos, dans l’île de Lesbos (commenc. du VIe s. av. J.-C.). Elle appartenait à une famille noble de Lesbos. Elle vécut surtout à Mytilène ; mais à la suite de dissenssions politiques, elle fut exilée et se rendit en Sicile. Elle retourna à Mytilène quand Pittacos rappela les exilés. D’après la légende, elle devint amoureuse du beau Phaon, et, repoussée par lui, se précipita du haut du rocher de Leucade. D’autres traditions, non moins suspectes, font d’elle une courtisane, une prêtresse du vice lesbien. En réalité, nous savons peu de choses sur sa vie ; et rien sur sa mort. Nous sommes mieux renseignés sur ses oeuvres. Elle fut la contemporaine et la rivale d’Alcée, qui lui adressa de beaux vers, vibrants d’un amour soutenu, et dont elle repoussa les avances dans une réponse pleine d’une fine musique, où elle forma de jeunes poétesses. Elle perfectionna la technique de son art, et créa ou fixa la strophe dite saphique. Ses poèmes formaient neuf livres, très variés de rythme et d’inspiration ; pièces en strophes saphiques, pièces en vers asclépiades, épithalames, élégies, hymnes, Sapho chantait surtout la beauté et l’amour, la passion joyeuse ou mélancolique, irritée ou jalouse, avec un accent très personnel, ardent et naïf, un art savant et simple. Nous possédons d’elle deux Odes presque complètes, et un grand nombres de fragments.
 — Iconogr. Au musée de Naples est une peinture d’Herculanumville antique ensevelie en 79, lors de l'éruption du Vésuve près de Naples (Italie) dans laquelle on a cru voir le portrait de Sapho tenant des tablettes. On voit dans la même galerie un buste en bronze, d’Herculanum, qui passe pour représenter Sapho. — Le Vatican possède une statue de marbre antique de Sapho assise sur un rocher.
Sapho a inspiré une foule d’artistes moderne. Gros a peint Sapho au cap Leucade (1801). Claude Ramey a exposé au Salon de 1801 une statue de Sapho assise. Duret a sculpté une Sapho écrivant à Phaon sous l’inspiration de l’Amour. Sapho délaissée, Sapho sur le rocher de Leucade, les Derniers moments de Sapho ont été représenté par G. Diebolt (marbre). G. Grootaers (marbre ; au musée d’Angers), etc. Entre toutes les statues de Sapho, celle de Pradier (Louvre)texte de 1933, aujourd'hui au Musée d'Orsay est la plus heureuse et la plus connue ; il faut encore citer trois statues de Clésinger, notamment Sapho terminant son dernier chant.

Sapho, opéra en trois actes, poème d’Emile Augier, musique de Charles Gounod au théâtre. La façon dont le sujet était traité était bien peu dramatique. Cela fit du tort à l’ouvrage qui n’eut jamais de succès, malgré ses transformations (deux actes en 1858, quatre actes en 1884). Pourtant la musique renferme des pages agréables, telles que la romance Puis-je oublier, ô ma Glycère ! ; le chant d’amour de Sapho : O jours heureux ! ; la chanson du pâtre : Broutez le thym, broutez mes chèvres ; et les stances célèbres de Sapho : O ma lyre immortelle, d’un caractère si émouvant.
 — Le même sujet avait déjà inspiré une tragédie lyriques en trois actes de Mme Constance Pipelet (princesse de Salm), musique de Martini, représenté au théâtre de Louvois en 1794, avec beaucoup de succès.

Sapho, roman d’Alphonse Daudet (1884). Daudet a peint l’homme asservi à la femme et à la satisfaction de ses appétits sexuels. Jean Gaussin, un honnête petit Provençal, venu à Paris, nous une liaison avec Fanny Legrand, la célèbre « Sapho », que les poètes et les musiciens ont chantée, qui a servi de modèles aux artistes, et il la garde. Le lien fragile devient dès lors une chaîne que rien ne pourra plus briser. Gaussin, parfois, s’indigne, se révolte : Sapho le ressaisit toujours. Elle l’empêche de conclure un mariage qui le sauverait. Finalement, c’est elle qui le quitte ! — De ce roman, l’auteur a tiré, en collaboration avec Adolphe Belot, un drame en cinq actes (Gymnase, 1885). — Sur un livret d’H. Cain et A. Bernède, Massenet a écrit, sur le même sujet et sous le même titre, un drame lyrique en cinq actes (Opéra-Comique, 1897).


SAPHO [fô] n. f. Femme dont le génie ou les mœurs rappellent la célèbre Lesbienne de ce nom.


SAPHO, petite planète, N° 80, découverte par Pogson en 1864.


SAPHO [fô] n. m. donné à un oiseau-mouche (le lesbia sparganura) de la Bolivie.

TRIBADE n. f. (gr. tribas, ados ; de tribein, frotter) Femme qui entretient un commerce charnel avec une autre femme.


TRIBADISME [dissm’] n. m. (de tribade). Inversion sexuelle des tribades.


URANISME (nissm’) n. m. Pathol. Nom sous lequel on désigne parfois, principalement en médecine légale, l’inversion sexuelle chez l’homme.


URANISTE (nisst’) n. m. Hist. Littér. Syn. de URANIN.


URANISTE (nisst’) adj. et n. m. Pathol. Se dit d’un homme atteint d’inversion sexuelle.

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