HOMÉO
ou HOMŒO (du gr. homoios, semblable),
ou HOMO (du gr. homos, semblable). Préfixes signifiant
semblable, et entrant dans la composition d’un certain nombre
de mots de science ou d’art. – (Voir HOMŒ ou HOMO,
les mots commençant par ses préfixes, qui ne se trouvent
pas ici.)
HOMO préfixe
signifiant semblable V. HOMÉO.
- Spécialem. Chim. Préfixe servant à
désigner un corps homologue d’un autre corps.
HOMO (Léon-Pol), historien français,
né à Epernay en 1872, Membre de l’Ecole normale
supérieure (1894), et de l’Ecole française de
Rome (1897-1899), professeur à l’université
de Lyon, il a écrit, outre de solides articles critiques
: Lexiques de topographie romaine (1900) ; De Claudio
Gothico, et Essai sur le règne de l’empereur
Aurélien (1904) ; Expériences africaines
d’autrefois et d’aujourd’hui (1914) ; La
Rome antique (1921) ; Problèmes sociaux de l’Italie
primitive et les Débuts de l’impérialisme romain
(1925) ; Institutions politiques romaines : de la cité
à l’Etat (1927).
HOMOSEXUALITÉ
[sèk-su] n. f. Disposition des individus homosexuels.
HOMOSEXUEL [sèk-su-èl], ELLE
adj. pris substantiv. (du préfixe homo, et du lat. sexus,
sexe). Pathol. Individu, homme ou femme, qui n’éprouve
d’affinité sexuelle que pour les personnes de son propre
sexe. (Cette disposition morbide est considérée comme
congénitale par l’école allemande, comme acquise
et résultant surtout de la timidité ou d’états
psychasthéniques par l’école française.)
V. INVERSION sexuelle, et URANISTE.
INVERSION
[vèr] n. f. (lat. inversio ; de invertere,
retourner). Transposition, changement de l’ordre, habituel
des mots dans une proposition, dans une phrase : Les poètes
usent souvent de l’INVERSION.
- Chim. (...)
- Elect. (...)
- Géol. (...)
- Géom. (...)
- Mar. (...)
- Méd. Déviation d’un organe de sa position
naturelle. || Inversion splanchnique, Anomalie par laquelle
certains viscères sont placés en sens inverse, ou
au moins considérablement déviés de leur position
normale. || Inversion de l’utérus , Déformation
grave de l’utérus dans laquelle le fond s’invagine
en cul de bouteille à l’intérieur de la cavité
du corps, et quelquefois se présente au col, et le franchit.
|| Inversion sexuelle, Etat d’un individu (homosexuel),
homme ou femme, qui n’éprouve d’affinité
sexuelle que pour une personne de son propre sexe.
- (...)
INVERTIR
[vèr] v. tr. (lat. invertere) Renverser
symétriquement : Les miroirs INVERTISSENT les
objets.
- Inverti, e, part. pass. du verbe Invertir.
- Chim. Se dit du sucre dont le pouvoir rotatoire présente
un signe contraire à celui du sucre primitif : Sucre inverti,
Saccharose ayant subi l’inversion. On dit aussi INTERVERTI,
E.)
- Substantiv. Personne qui éprouve une passion pour
une personne du même sexe.
LESBIAQUE
adj. Antiq. gr. Syn. de LESBIEN.
LESBIE [lèss-bî]
ou LESBIA [lèss] n. f. Genre de colibris
(trochilus), comprenant deux espèces de la Bolivie.
(Les lesbies sont de jolis oiseaux-mouches à longue queue
fourchue, à livrée brillant de vives teintes métalliques.)
LESBIE, maîtresse de Catulle,
et, qui a inspiré au poète ses vers les plus passionnés.
Tour à tour aimé et délaissé, Catulle
lui prodigua les vers les plus tendres et les plus sanglantes épigrammes.
On croit savoir que la Lesbie de Catulle est la Clodia Metella,
soeur du fameux Clodius, tué par Milon sur la voie Appienne.
Le dérèglement de ses moeurs, mis en pleine lumière
par Cicéron dans le discours P. Celio Rufo, explique
les invectives du poète.
LESBIEN [bi-in], ENNE, habitant
ou natif de Lesbos : Les LESBIENS.
- Adjectiv. Relatif à cette île ou à ses habitants
: Moeurs LESBIENNES. || Syn. de LESBIAQUE.
- Substantiv. Et au masc. Dialecte grec : Le LESBIEN est
plus rude que l’attique.
- N. f. Syn. de TRIBADE.
- ENCYCL. Le lesbien, parlé dans l’île de Lesbos,
appartient au groupe nord-est ou éolien des dialectes grecs.
Il nous est connu par des inscriptions et par les poésies
d’Alcée et de Sapho. Ses traits principaux sont : 1°
une tendance à faire remonter l’accent tonique du mot
le plus haut possible dans la limite de la loi des trois syllabes
; 2° la suppression de l’esprit rude (psilosis)
; 3° le développement de an, on, en
devant s, en ai, oi, ei (lesbien ....,
crétois....., attique .....).
LESBONAX de Mytilène,
philosophe grec du Ier siècle de notre ère, élève
du stoïcien Timocrate. Ses ouvrages sont perdus, sauf deux
harangues : Sur la guerre aux Corinthiques et Exhortation
aux Athéniens. Ce philosophe semble distinct d’un
rhéteur et sophiste grec, du même nom et de la même
époque, qui était l’auteur de lettres érotiques.
LESBOS [lèss-boss]. Géogr. anc. Ile
grecque de la mer Egée, colonisée par les Eoliens
(habit. Lesbiens). Aujourd. Mytilène. V. ce nom.
MYTILÈNE
ou METELIN, île grecque de l’Archipel,
toute proche de la côte turque de l’Anatolie, dont la
séparent les deux canaux de Mouselim et de Mytilène
; superficie, 1.750 km2, peuplée de 147.000 hab. (Mytiléniens,
ennes). Ch.-lieu Mytilène (Castro).
Cette île montagneuse (940 m. au mont Elias), et aux côtes
ramifiées creusées par les deux golfes de Kalonia
et d’Hiéra, commande l’accès du golfe
turc d’Edremid. Elle produit du vin réputée,
de l’huile d’olive, de la soie, qu’elle exporte
par les petits ports de Mytilène, Kalonia, Sigri, etc. Mytilène
est l’antique Lesbos, colonie éolienne, inféodée
plus tard à la confédération de Délos,
puis occupée successivement par la Macédoine, les
Romains et les Grecs. Donnée aux Génois en 1355, elle
fut prise un siècle plus tard (1462) par les Turcs qui l’ont
gardée jusqu’en 1920. Après le traité
de Sèvres qui la neutralisait, le traité de Lausanne
l’a donnée sans conditions à la Grèce
en 1928.
MYTILÈNE, METELIN ou CASTRO,
ville insulaire de la Grèce, capitale de l’île
homonyme ; 45.000 hab. Archevêché grec. Port actif
sur le canal de Mytilène. Patrie des deux frères Barberousse.
SAPHIQUE
[filk’] adj. Antiq. gr. Qui appartient à Sapho, à
ses ouvrages ou à ses mœurs, à son genre de poésie
ou de versification. || On appelle hexamètre saphique
un vers épique n’ayant de spondée qu’à
la première place et à la dernière. || Strophe
saphique V. STROPHE ;
— Substantiv. : Un SAPHIQUE. Un grand SAPHIQUE ;
— ENCYCL. Métriq. anc. Le vers saphique, dont
on attribue à Sapho, et qu’ont employé Alcée
et Sapho en Grèce, Catulle et Horace à Rome, se compose
de onze syllabes, réparties en deux trochées (dipodie
trochaïque), un dactyle, un trochée et un trochée
ou spondée (tripodie logaédique). Par l’introduction
d’un chorïambe après la dipodie, on forme le grand
saphique ou saphique majeur.
SAPHISME
[fissm’] n. f. (du nom grec Sapho) Pathol. Forme de l’inversion
sexuelle chez la femme, dans laquelle celle-ci ne réussit
à satisfaire son instinct qu’avec une personne de même
sexe. || Syn. TRIBADISME.
SAPHO ou
SAPPHO, poétesse grecque, née à Erosos,
dans l’île de Lesbos (commenc. du VIe s. av. J.-C.).
Elle appartenait à une famille noble de Lesbos. Elle vécut
surtout à Mytilène ; mais à la suite de dissenssions
politiques, elle fut exilée et se rendit en Sicile. Elle
retourna à Mytilène quand Pittacos rappela les exilés.
D’après la légende, elle devint amoureuse du
beau Phaon, et, repoussée par lui, se précipita du
haut du rocher de Leucade. D’autres traditions, non moins
suspectes, font d’elle une courtisane, une prêtresse
du vice lesbien. En réalité, nous savons peu de choses
sur sa vie ; et rien sur sa mort. Nous sommes mieux renseignés
sur ses oeuvres. Elle fut la contemporaine et la rivale d’Alcée,
qui lui adressa de beaux vers, vibrants d’un amour soutenu,
et dont elle repoussa les avances dans une réponse pleine
d’une fine musique, où elle forma de jeunes poétesses.
Elle perfectionna la technique de son art, et créa ou fixa
la strophe dite saphique. Ses poèmes formaient neuf
livres, très variés de rythme et d’inspiration
; pièces en strophes saphiques, pièces en vers asclépiades,
épithalames, élégies, hymnes, Sapho chantait
surtout la beauté et l’amour, la passion joyeuse ou
mélancolique, irritée ou jalouse, avec un accent très
personnel, ardent et naïf, un art savant et simple. Nous possédons
d’elle deux Odes presque complètes, et un
grand nombres de fragments.
— Iconogr.
Au musée de Naples est une peinture
d’Herculanum
dans laquelle on a cru voir le portrait de Sapho tenant des tablettes.
On voit dans la même galerie un buste en bronze, d’Herculanum,
qui passe pour représenter Sapho. — Le Vatican
possède une statue de marbre antique de Sapho assise
sur un rocher.
Sapho a inspiré une foule d’artistes moderne. Gros
a peint Sapho au cap Leucade (1801). Claude Ramey a exposé
au Salon de 1801 une statue de Sapho
assise. Duret a sculpté une Sapho écrivant
à Phaon sous l’inspiration de l’Amour. Sapho
délaissée, Sapho
sur le rocher de Leucade, les Derniers moments de Sapho
ont été représenté par G. Diebolt (marbre).
G. Grootaers (marbre ; au
musée d’Angers), etc. Entre toutes les statues
de Sapho, celle de Pradier
(Louvre)
est la plus heureuse et la plus connue ; il faut encore citer trois
statues de Clésinger, notamment Sapho terminant son dernier
chant.
Sapho,
opéra en trois actes, poème d’Emile Augier,
musique de Charles Gounod
au théâtre. La façon dont le sujet était
traité était bien peu dramatique. Cela fit du tort
à l’ouvrage qui n’eut jamais de succès,
malgré ses transformations (deux actes en 1858, quatre actes
en 1884). Pourtant la musique renferme des pages agréables,
telles que la romance Puis-je oublier, ô ma Glycère
! ; le chant d’amour de Sapho : O jours heureux !
; la chanson du pâtre : Broutez le thym, broutez
mes chèvres ; et les stances célèbres
de Sapho : O ma lyre immortelle, d’un caractère
si émouvant.
— Le même sujet avait déjà inspiré
une tragédie lyriques en trois actes de Mme Constance Pipelet
(princesse de Salm), musique
de Martini, représenté au théâtre de
Louvois en 1794, avec beaucoup de succès.
Sapho,
roman d’Alphonse Daudet (1884). Daudet a peint l’homme
asservi à la femme et à la satisfaction de ses appétits
sexuels. Jean Gaussin, un honnête petit Provençal,
venu à Paris, nous une liaison avec Fanny Legrand, la célèbre
« Sapho », que les poètes et les musiciens ont
chantée, qui a servi de modèles aux artistes, et il
la garde. Le lien fragile devient dès lors une chaîne
que rien ne pourra plus briser. Gaussin, parfois, s’indigne,
se révolte : Sapho le ressaisit toujours. Elle l’empêche
de conclure un mariage qui le sauverait. Finalement, c’est
elle qui le quitte ! — De ce roman, l’auteur a tiré,
en collaboration avec Adolphe Belot, un drame en cinq actes (Gymnase,
1885). — Sur un livret d’H. Cain et A. Bernède,
Massenet a écrit, sur le même sujet et sous le même
titre, un drame lyrique en cinq actes (Opéra-Comique, 1897).
SAPHO [fô] n. f. Femme
dont le génie ou les mœurs rappellent la célèbre
Lesbienne de ce nom.
SAPHO, petite planète, N° 80, découverte
par Pogson en 1864.
SAPHO [fô] n. m. donné à un
oiseau-mouche (le lesbia sparganura) de la Bolivie.
TRIBADE
n. f. (gr. tribas, ados ; de tribein, frotter) Femme qui entretient
un commerce charnel avec une autre femme.
TRIBADISME [dissm’] n. m. (de tribade). Inversion
sexuelle des tribades.
URANISME (nissm’)
n. m. Pathol. Nom sous lequel on désigne parfois, principalement
en médecine légale, l’inversion sexuelle chez
l’homme.
URANISTE (nisst’)
n. m. Hist. Littér. Syn. de URANIN.
URANISTE (nisst’) adj. et n. m. Pathol. Se
dit d’un homme atteint d’inversion sexuelle.
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