|
|
voir notre page d'accueil sur Renée
Viivien.
TABLE
PREFACE...................................................I
BIOGRAPPHIE
DE PSAPPHA.........................VII
Première Partie :
ODES................................I
Ode
à l'Aphrodita........................3
Ode
à une Femme aimée..............11
Deuxième Partie :
EPITHALAMES................131
Troisième Partie
: FRAGMENTS..................139
|
Ode
à l’Aphrodita
de Sappho de Lesbos
traduit et interprété par Renée Vivien
(1903)
Toi dont le trône est d’arc-en-ciel, immortelle
Aphrodita, fille de Zeus, tisseuse de ruses, je te supplie
de ne point dompter mon âme, ô Vénérable,
par les angoisses et les détresses. Mais viens, si
jamais, et plus d’une fois, entendant ma voix, tu l’as
écoutée, et, quittant la maison de ton père
; tu es venue, ayant attelée ton char d’or. Et
c’étaient de beaux passereaux rapides qui te
conduisaient. Autour de la terre sombre ils battaient des
ailes, descendus du ciel à travers l’éther.
Ils arrivèrent aussitôt, et toi, ô Bienheurese,
ayant souri de ton visage immortel, tu me demandas ce qui
m’était advenu, et quelle faveur j’implorais,
et ce que je désirais le plus dans mon âme insensée.
« Quelle Persuasion veux-tu donc attirer vers ton amour
? Qui te traite injustement, Psappha ? Car celle qui te fuit
promptement te poursuivra, celle qui refuse tes présents
t’en offrira, celle qui ne t’aime pas t’aimera
promptement et même malgré elle. » Viens
vers moi encore maintenant, et délivre-moi des cruels
soucis, et tout ce que mon cœur veut accomplir, accomplis-le,
et sois Toi-Même mon alliée.
Accueille, immortelle Aphrodita, Déesse,
Tisseuse de ruse à l'âme d'arc-en-ciel,
Le frémissement, l'orage et la détresse
De
mon long appel.
-
J'ai
longtemps rêvé : ne brise pas mon âme
Parmi la stupeur et l'effroi de l'éveil,
Blanche Bienheureuse aux paupières de flamme,
Aux
yeux de soleil.
-
-
Jadis,
entendant ma triste voix lointaine,
Tu vins l'écouter dans la paix des couchants
Où songe la mer, car ta faveur hautaine
Couronne
les chants.
-
-
Je
vis le reflet de tes cheveux splendides
Sur l'or du nuage et la pourpre des eaux,
Ton char attelé de colombes rapides
Et
de passereaux.
-
-
Et
le battement lumineux de leurs ailes
Jetait des clartés sur le sombre univers,
Qui resplendissait de lueurs d'asphodèles
Et
de roux éclairs.
-
-
Déchaînant
les pleurs et l'angoisse des rires,
Tu quittas l'aurore immuable des cieux.
Là-bas surgissait la tempête des lyres
Aux
sanglots joyeux.
-
-
Et
toi, souriant de ton divin visage,
Tu me demandas : " D'où vient l'anxiété
A ton grave front, et quel désir ravage
Ton
corps tourmenté ?
-
-
-
-
Qui te fait souffrir de l'âpre convoitise ?
Et quelle Peithô , plus blonde que le jour
Aux cheveux d'argent, te trahit et méprise,
Psappha,
ton amour ?
-
-
"
Tu ne sauras plus les langueurs de l'attente.
Celle qui te fuit te suivra pas à pas.
Elle t'ouvrira, comme la Nuit ardente,
L'ombre
de ses bras.
-
-
Et,
tremblante ainsi qu'une esclave confuse,
Offrant des parfums, des présents et des pleurs,
Elle ira vers toi, la vierge qui refuse
Tes
fruits et tes fleurs.
-
-
"
Par un soir brûlant de rubis et d'opales
Elle te dira des mots las et brisés,
Et tu connaîtras ses lèvres nuptiales,
Pâles
de baisers. "
-
Saw the white implacable Aphrodite,
Saw the hair unbound and the feet unsandalled
Shine as fire of sunset on western waters ;
Saw
the reluctant
Feet, the straining plumes
of the doves that drew her,
Looking always, looking with necks reverted,
Back to Lesbos, back to the hills whereunder
Shone
Mitylene ;
Heard the flying feet of the
Loves behind her
Make a sudden thunder upon the waters,
As the thunder flung from the strong unclosing
Wings
of a great wind.
So the goddess fled from her
place, with awful
Sound of feet and thunder of wings around her,
While behind a clamour of singing women
Severed
the twilight.
SWINBURNE
: Poems and Ballads, Sapphics.
|
Cliquez sur Sapphics pour
lire la traduction de Gabriel Mourey (1922, Stock) de l'extrait de ce
poème anglais de Swinburne.

Ode
à une Femme aimée
de Sappho de Lesbos traduit et
interprétée par Renée Vivien (1903)
Il me paraît
l’égal des Dieux, l’homme qui est assis dans
ta présence et qui entend de près ton doux langage
et ton rire désirable, qui font battre mon cœur
au fond de ma poitrine. Car lorsque je t’aperçois,
ne fût-ce qu’un instant, je n’ai plus de paroles,
ma langue est brisée, et soudain un feu subtil court
sous ma peau, mes yeux ne voient plus, mes oreilles bourdonnent,
la sueur m’inonde et un tremblement m’agite toute
; je suis plus pâle que l’herbe, et dans ma folie
je semble presque une morte… Mais il faut tout oser…
L'homme fortuné
qu'enivre ta présence
Me semble l'égal des Dieux, car il entend
Ruisseler ton rire et rêver ton silence,
Et
moi, sanglotant,
- Je frissonne toute,
et ma langue est brisée :
Subtile, une flamme a traversé ma chair,
Et ma sueur coule ainsi que la rosée
Apre
de la mer ;
Un bourdonnement remplit de
bruits d'orage
Mes oreilles, car je sombre sous l'effort,
Plus pâle que l'herbe, et je vois ton visage
A
travers la mort.
Ille mi par esse deo videtur,
Ille, si fas est, superare divos,
Qui sedens adversus identidem te
Spectat
et audit
Dulce ridentem, misero quod
omnes
Eripit sensus mihi : nam simul te,
Lesbia, aspexi, nihil est super mi
.
. . . . .
Lingua sed torpet, tenuis sub artus
Flamma demanat, sonitu suopte
Tintinnant aures, gemina teguntur
Lumina
nocte.
CATALLUS
: Carmina Ad Lesbiam.
|
|





|