Les Choéphores au Théâtre du Nord-Ouest à Paris le lundi 3 avril 2006 par Daniel Aranjo  

 

 


THEATRE DU NORD-OUEST

13 rue du Faubourg Montmartre
75009 Paris (métro Grands Boulevards)
(salle Laborey, 5 euros)

lundi 3 avril 2006 à 19H00

LECTURE (création)
LES CHOÉPHORES
de Daniel Aranjo



avec

RÉCITANTE: Aïcha Finance
ÉLECTRE: Pauline de Meurville
CLYTEMNESTRE : Nathalie Guilmard
CASSANDRE: Nathalie Hamel
DEUX CAPTIVES CHOÉPHORES : Nathalie Hamel, Aïcha Finance
SPECTRE D’AGAMEMNON : Jean-Pierre Müller

Clytemnestre a assassiné, avec l’aide de son amant Égisthe, le roi Agamemnon à son retour de Troie avant de marier, selon certaines versions du mythe, leur fille Électre à un roturier, en l’occurrence un laboureur, aux frontières du pays. Son jeune frère Oreste a pu échapper aux meurtriers de son père et être mis à l’abri en Phocide par des mains amies (à l’initiative, le plus souvent, d’Électre même). Les Choéphores d’Eschyle nous sont parvenues incomplètes, défigurées, sous la forme, le plus souvent, d’une rituélie et d’invocations devant le tombeau d’Agamemnon menées pour l’essentiel par Électre et un chœur de Troyennes choéphores, c’est-à-dire porteuses de libations. D’où le lyrisme cultuel (et d’abord féminin) au moins autant que dramatique, et l’énigmatique maigreur de cette courte tragédie de supplication, furieuse et statique.


[Début de la pièce :]


[Lumière, peut-être matinale, filtrant par larges rais latéraux. Entre Clytemnestre.]

CLYTEMNESTRE :

Électre,
tu as fait dire à ta mère (à ta mère !)
que lui est née une jeune et infinie Iphigénie.
Nous voilà.
Montre-la.
Que je serre ce jeune front
et tout ce que nous sont nos enfants, tant que ce sont encore nos enfants,
et que nous les portons sur la ceinture.


ÉLECTRE :

Je T’attendais aussi.

Point de si tôt, il est vrai (cette naissance à l’évidence t’a hâtée).
Si bien que l’enfant est encore au hameau, à une matinée d’ici, chez sa fertile nourrice.
(Une florissante Corinthienne de seize ans.)
Nous l’envoyons chercher.


CLYTEMNESTRE :

C’est le dixième jour :
je viens, c’est mon devoir, purifier l’accouchée
dans le souffle de silence d’une source
et donner par Létô souveraine ! un nom à cette enfant.

- Puisque (qu’y faire ?) pour nous autres, femmes, tout est sang… lunaison ! tourment!
Et pour s’en laver faudrait laver l’eau avec l’eau, et frotter encore ce qui reste avec du sable de lessive…

Et puis, tu es belle encore, ma fille, quoique farouche, quoique blessée, et pourras rebriller comme l’ambre, au fond de ce sombre silence.

[pause]

- À qui ressemble-t-elle ?

[pause]

Tiens : je t’ai apporté pour elle langes, berceau-bascule à fils d’or, sistre de sable, jouets à venir… amulettes…
et aussi ce coffret d’ivoire pâle, qui fut de ta sœur, en forme d’autel portatif, entre-tressé de guirlandes de fruits, de fleurs, de petits masques de théâtre
et de trois appliques, aux angles, de têtes de Zeus-bélier barbu provenues d’un oracle-oasis de Libye


ÉLECTRE [presque enjouée, en embrassant sa mère] :

Zeus est-il donc davantage Zeus en Libye, aux confins de quelque terrible Égypte ?


CLYTEMNESTRE :

[pause]

- À qui ressemble-t-elle ?


ÉLECTRE :

Elle viendra.

[geste de Clytemnestre]

Elle viendra. Pleine de songe et de sourires. Délacer bien des choses en nous.

- Pour le reste, tu sais ma vie ici.
L'ombre est ici bonne fille, le ciel un habit et le Repos, une fatigue sainte d'où l'on voit sans souci, par-delà l'Océan gris de feu, s'arrondir à l'œil nu jusqu'au soir la vieille tour carrée.

 

Daniel Aranjo (2006)

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