Histoire de la littérature grecque par Alexis Pierron (1863) Erinna Sappho

 
 

introduction en travaux

 

LYRIQUES EOLIENS

ERINNA

Sappho nous a conservé les noms de quelques-unes de ses rivales en poésies. D'autres auteurs ont cité d'autres noms de femmes lesbiennes qui s'étaient exercées, avec plus ou moins de succès, aux travaux littéraires. La seule qui semble avoir joui, dans la postérité, d'une célébrité véritable c'est Érinna, morte à dix-huit ans, une de ces jeunes filles qui avaient reçu les leçons de Sappho. Érinna avait laissé un poëme de trois cents vers hexamètres, intitulé la Quenouille, dont on ne sait autre chose sinon qu'il passait pour une oeuvre très distinguée, et que plusieurs n'hésitaient pas à lui marquer sa place à côté même des épopées d'Homère. Faisons la part de ce que la pitié a mis du sien dans ce jugement sur l'œuvre d'une poétesse ravie si jeune à la vie et au culte des Muses. Mais qui empêche que, bien au-dessous de l'Iliade et de l'Odyssée, à côté par exemple, des Hymnes et de la Batrachomyomachie, la Quenouille ai pu figurer avec honneur ? C'est à Érinna qu'on attribue d'ordinaire l'Hymne à Roma, c'est-à-dire à La Force, qui est une ode en strophes sapphiques, et dans le dialecte éolien. Ceux qui pensent que la Roma de cette ode est la ville de Rome elle-même, parfaitement inconnue en Grèce au temps de Sappho et d'Érinna, mettent l'Hymne à Rome sous le nom d'une autre lesbienne, de l'inconnue Mélinno, qu'on peut faire vivre, si l'on veut à une époque où il était possible à une femme grecque de chanter les grandeurs de la ville éternelle. Sans prendre parti dans la question, je transcrirai cet hymne, qui ne fait point affront à la réputation d'Érinna, et qui est sans conteste l'ouvrage d'une main habile et surtout d'un talent inspiré.

Je te salue, Force ou [Rome], fille de Mars, déesse à la mitre d'or, à l'âme belliqueuse, toi qui habite sur la terre un Olympe à jamais invulnérable. A toi seule la Parque auguste a donné la royale gloire d'une puissance indestructible, afin que tu commandasses avec la vigueur qui se fait obéir. Sous le joug de tes courroies solides est enlacée la poitrine de la terre et de la mer blanchissante ; et tu gouvernes avec autorité les villes des peuples. Le temps redoutable, qui ébranle toutes choses, et qui transporte la vie tantôt d'un côté tantôt d'un autre, pour toi seul ne change point le vent favorable qui enfle les voiles de ta puissance. Car toi seule entre toutes tu portes dans ton sein des hommes braves et belliqueux : et tu enfantes des bataillons de guerriers, aussi pressés que les gerbes dans les champs de Cérès."

Alexis Pierron, professeur au Lycée Louis-Le-Grand (Hachette -1850- Troisième édition, 1863)

accueil

Tout et Rien sur Sappho de Lesbos

bibliothèque lesbienne par auteurs

musée lesbien

sexualité et saphisme. Ici dessin d'Ange et Damnation

 

Bibliosapphisme :

- index des auteurs anciens
- bibliosapphisme des XVI au XVIIIe s.
- bibliosapphisme à partir du XIXe siècle

Bibliographie :
???

Liens lesbiens :
???

 

© Copyright www.saphisme.com 1999-2011

pour écrire à la webmastrice : contact@saphisme.com


Page entoilée le

28/06/2003 et mise à jour le 25/01/2008


Édition sur le web :
- des traducteurs et commentateurs francophones de Sappho de Lesbos
- de textes par des auteurs qualifiés "lesbiens" par abus de langage dans
www.litterature-lesbienne.com
- d'une iconographie et d'une pinacothèque dénommées pompeusement "musée lesbien"
par passion livresque, sapphique, lesbienne, littéraire et pour tuer le temps.